Interview croisée avec Dre Lydia Markham Genequand et Dr Alain Michaud, d'un cabinet de groupe

Episode 1 July 17, 2025 00:45:53
Interview croisée avec Dre Lydia Markham Genequand et Dr Alain Michaud, d'un cabinet de groupe
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Interview croisée avec Dre Lydia Markham Genequand et Dr Alain Michaud, d'un cabinet de groupe

Jul 17 2025 | 00:45:53

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Show Notes

Dans ce podcast, Céline Dubas échange avec la Dresse Lydia Markham Genequand, active au sein du cabinet de groupe MediNyon à Nyon, et le Dr Alain Michaud, médecin retraité membre fondateur de ce même cabinet de groupe. Le cabinet MediNyon se trouve à Rue Neuve 7, 1260 Nyon, Suisse. Voir aussi l'interview sur notre chaîne YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=_QQdDEGCwAQ

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Episode Transcript

[00:00:12] Speaker A: Bonjour et bienvenue sur les ondes du podcast de MedPro, un podcast qui plonge au cœur des cabinets médicaux. Jusqu'à présent disponible uniquement au format audio, ce podcast évolue et intègre désormais l'image. Aujourd'hui, c'est la première fois qu'une de nos interviews va être filmée afin d'être diffusée sur notre chaîne YouTube. À vous qui nous écoutez ou qui nous regardez, je vous souhaite donc la bienvenue. Je suis Céline Dubas et j'aurai le plaisir d'échanger aujourd'hui avec Dr Lydia Markham-Genécan, active au sein du cabinet de groupe Médignon-Agnan. et Dr Alain Michaud, médecin retraité, membre fondateur de ce même cabinet. Bonjour à tous les deux. [00:00:55] Speaker B: Bonjour. [00:00:56] Speaker A: Nous allons parler aujourd'hui de ce cabinet de groupe dans lequel vous avez travaillé, des défis et opportunités d'une telle structure, également de vos stratégies pour gérer au mieux votre personnel. Mais avant toute chose, j'aimerais vous demander de vous présenter rapidement. Quel est votre parcours et comment vous êtes-vous retrouvé à travailler au sein du cabinet Medignon, docteur Markham ? [00:01:22] Speaker C: J'ai terminé mes études à l'Université de Genève et j'ai fait toutes mes spécialisations de médecine interne à RIA, Sainte Croix et puis ensuite au HEG à Genève. Après dix ans à Genève, je me suis dit c'est le moment de se lancer dans un autre mode de travail, être indépendante. Je voulais rester pas à Genève, je voulais aller dans la campagne ou dans un village pour être un vrai médecin de famille et j'ai commencé à chercher. et j'ai demandé à mes collègues d'installer autour de moi. J'habite à Versoix donc je ne voulais pas quelque chose trop loin où je pouvais me déplacer soit à vélo, soit en train. J'ai cherché des compagnons, j'ai visité pas mal de cliniques, cabinets également médicaux. Et quand je suis arrivée chez eux, j'étais attirée par les trois médecins, Docteur Grosjean, Docteur Valtin et Docteur Alan Michaud qui est là avec nous aujourd'hui. J'étais impressionnée, ils étaient tous en bonne… ils s'entendent très bien avec eux, ils se collaborent bien et ils s'engagent pas mal pour l'enseignement. Docteur Mitchell, il enseigne des médecins, jeunes médecins. Et les cabinets aussi, ils offrent l'opportunité pour les apprentis, l'assistante médicale. J'ai dit, ah, génial comme cabinet. Et en plus, ça m'a beaucoup plu. Puis, j'étais bien accueillie également. Puis c'est une structure où il y a la radiologie, il y a une salle de laboratoire, il y a également une salle de soins où on peut faire la petite chirurgie, qui me convient bien parce que j'adore faire des petits gestes. Et au-dessus de ce meuble, il y a les gastroenterologues. il y a les cardiologues, il y a les pneumologues. C'est comme si je suis à l'hôpital de Genève. Donc pourquoi pas choisir un institut comme ça qui me plaît. [00:03:53] Speaker A: Excellent, merci beaucoup. On va reparler de tout ça, ça a l'air très intéressant. On va juste laisser Alain se présenter également, Dr Michaud. [00:04:02] Speaker B: Oui, alors ce sera peut-être plus bref parce que je suis retraité depuis 4 ans. Je m'étais installé en 1983, donc ça fait déjà un moment. J'avais jamais fait de stage hospitalier dans l'Ouest vaudois et c'est par un bon ami que j'ai appris qu'il y avait une place qui se libérait. Je suis arrivé dans une atmosphère totalement électrique parce qu'un des trois médecins, celui que j'ai remplacé, claquait la porte. Donc les débuts ont été, on va dire, mouvementés. Mais ensuite, pendant vraiment je peux dire pendant 30 ans, notre collaboration elle a baigné dans l'huile. On parlera des modalités plus tard qui ont permis cette excellente entente. Et puis mes collègues qui étaient donc un peu plus âgés puisque je les ai rejoints en 83. Ils étaient installés eux déjà depuis 76 et 77 respectivement. Ils ont pris leur retraite un peu plus vite et donc j'ai eu le privilège d'accueillir des jeunes dont Lydia et puis par la suite encore deux autres. Donc de trois, le nombre de médecins est passé à quatre. Voilà. En gros, mon parcours, c'est de la médecine générale dans un sens extrêmement large, comme on ne fait plus beaucoup, je crois, parce que j'ai soigné des bébés, j'ai même suivi des grossesses, je faisais couramment de la gynécologie, je faisais les petits traumatismes. Comme Lydia, je faisais de la petite chirurgie, j'aimais même beaucoup, ça distrayait dans le... dans le tourment des consultations psychiatriques ou psychosociales, tout à coup faire un geste chirurgical. C'était le petit bain, le petit bain qui réveillait pendant la journée. Et voilà, donc j'ai pratiqué cette médecine au sens très large jusqu'au bout. Et en 83, j'ai pris une retraite complète et totale et je ne pratique plus du tout, contrairement à d'autres. En 2021, j'ai pris ma retraite et depuis, j'ai tout à fait arrêté la médecine active. [00:06:12] Speaker A: Si je comprends bien, vous avez intégré un cabinet de groupe déjà existant. [00:06:18] Speaker B: Oui. [00:06:19] Speaker A: Est-ce que vous avez contribué à en définir un peu la structure, le fonctionnement ? [00:06:27] Speaker B: Non, pas du tout. Je me suis amalgamée, donc encore une fois dans une atmosphère qui était très mouvementée. En plus, je ne connaissais pas du tout ces deux confrères. Donc, de leur côté comme du mien, il y a eu une certaine prise de risque. Il aurait pu se faire que nous ne nous entendions pas du tout, mais non. Ils m'ont accepté tel que j'étais. Je faisais un peu le jeune Le jeune médecin droite libéral, j'avais encore la chemise surgicale, la blouse blanche. Ils étaient assez gauchistes à l'époque. On nous appelait les trois mousquetaires, on les appelait les médecins en sabots. On va dire pas des divergences, mais des différences d'opinion politique qui se sont atténuées avec le temps. Moi, j'ai pas mal viré à gauche, puis eux, ils ont un peu viré à droite. On n'a jamais eu de dispute de ce type-là. Mais en fait, c'est quand même eux qui ont passablement dicté toutes les conditions qui ont présidé à mon arrivée. [00:07:29] Speaker A: Est-ce que vous savez pourquoi ils ont eu l'idée de se réunir, de créer un cabinet de groupe plutôt que de se mettre chacun individuellement ? [00:07:37] Speaker B: C'était trois potes de très longue date, ils ont vécu à l'ancienne, enfin c'était très post-68 art, ils ont vécu en commun dans une maison. Ils étaient tous dans le même appartement, et puis quand ils se sont installés, d'ailleurs ils avaient défini la politique de la rétribution selon un mode presque colcosien, à chacun selon ses besoins. Ça n'a pas tenu longtemps la distance, à vrai dire. Il y avait des différences de pratiques qui ont fait qu'au bout, je crois, d'une année ou deux ans déjà, ils ont dit à chacun selon son travail. [00:08:14] Speaker A: D'accord. Et vous, quand vous avez intégré ce cabinet, ils ont cherché un quatrième ? [00:08:22] Speaker B: Ils ont cherché un remplaçant puisqu'il y en avait un qui claquait la porte, que j'ai remplacé, qui s'est installé juste quelques centaines de mètres plus loin, qui a repris toute sa patientèle. On m'avait dit, tu verras, les gens sont attachés à la structure du cabinet, la patientèle du docteur, je ne vais peut-être pas dire son nom, va sûrement rester au cabinet. Pas du tout. Toute sa patientèle l'a suivi et moi j'ai conquis petit à petit ma place. [00:08:54] Speaker A: D'accord. Donc 1983 jusqu'en 2021, ça fait un long parcours au sein de ce cabinet. Qu'est-ce que vous diriez que sont les avantages d'un cabinet de groupe comme celui-là ? [00:09:10] Speaker B: Alors, premier avantage, conceptuel, j'avais une peur, une grande peur de me retrouver médecin vieillissant avec une assistante médicale vieillissante et puis une couche de poussière sur l'ensemble des meubles et des habitants du cabinet. Donc effectivement, un cabinet de groupe, c'était un des premiers agnons de groupe médical. C'était la garantie d'une dynamique et d'un renouvellement constant de discussions, éventuellement de formations en commun, ce qui n'a pas non plus beaucoup fonctionné. Je me suis dit qu'on allait faire des paper meetings, des réunions scientifiques. Pas du tout. Mais enfin, dans les couloirs ou à la pause café, on se parlait de nos cas difficiles et on échangeait beaucoup. Il y avait ça. Deuxièmement, l'économie, c'est vrai qu'à bien des égards, alors pas tous, point de vue personnel, les cabinets de groupe coûtent finalement plus cher que le médecin qui est tout seul. et qui souvent, en plus, engage sa femme pour un certain nombre de travaux administratifs, parce que c'était que des hommes à l'époque. Là, quand même, à bien des égards, à part le personnel, on faisait des économies considérables sur le plan financier pour ce qui était loyer, laboratoire, radiologie, frais divers. Donc, il y avait ça. Mais je pense que ce qui m'intéressait le plus, c'était la dynamique et le fait de ne pas être tout seul. [00:10:46] Speaker A: D'accord. Et en termes de défis ou de difficultés peut-être qui peuvent accompagner une telle structure, vous pensez à quoi ? [00:10:54] Speaker B: Alors les défis, c'est la mésentente. Moi je connais un cabinet de groupe valaisan où ils ont même construit dans le corridor commun d'entrée au cabinet une paroi mitoyenne. Il restait deux demi-corridors tellement les médecins en étaient venus à se détester. Donc là, il y avait un pari, c'était qu'on arrive à s'entendre. Et puis bon, le pari, il a bien réussi, mais il aurait pu se faire, effectivement, c'était un défi. Et notamment, on en reparlera, établir très clairement les modalités financières de collaboration. Lydia en dira peut-être quelque chose, parce que ça a fait plus de vagues dans le nouveau cabinet de quatre qu'à mon époque. Mais on en reparlera après, je crois, de ça. [00:11:42] Speaker A: Dans les défis, il y a l'entente, vous dites, il y a justement s'organiser sur la répartition des charges et des revenus, même si j'imagine que les revenus c'est assez clair. [00:11:53] Speaker B: On pourrait aussi dire la répartition des nouveaux patients. Effectivement, moi, quand je me suis installé, les deux autres, ils avaient leur patientèle, moi j'avais rien. Donc on a dû convenir de modalité. Tout patient qui ne demandait pas spécifiquement à des deux autres médecins, il était mis dans ma consultation. Et puis, par la suite, comme on avait un secrétariat commun, il y a un certain nombre de groupes où ils ont chacun leur réceptionniste au téléphone. ou même chacun leur assistante médicale. Nous, on partageait tout. Donc, il fallait effectivement une garantie que les assistantes médicales soient probes, honnêtes, qu'elles répartissent correctement les patients, qu'elles ne glissent pas tel et tel qui, de notoriété publique, était un casse-pied chez un médecin qu'elle n'aimait pas beaucoup. Mais ça, ça n'a jamais posé... Oui, au début quand même. Tout au début, il y en avait une qui était très manipulatrice. Mais ensuite, ça s'est bien passé. [00:12:51] Speaker A: Donc on peut dire déjà, ça c'est une question que je vais reposer plus tard, mais une des qualités que vous cherchiez dans vos futurs employés, c'était l'honnêteté. [00:13:01] Speaker B: L'honnêteté et l'impartialité par rapport aux médecins. [00:13:05] Speaker A: Est-ce qu'en termes de structure, vous étiez une société simple ? [00:13:18] Speaker B: Oui, c'est une société simple. C'est une association Deux médecins qui ont chacun leurs libopratiques, évidemment, qui sont tous égaux. Mais ce n'est ni une société anonyme, ni une sarle, ni... Oui, je crois que ça s'appelle société simple, tu dois savoir. [00:13:40] Speaker A: Et peut-être, combien d'employés, je ne sais pas si ça a évolué avec le temps, mais combien d'employés vous aviez au départ ? Vous vous avez rejoint en cours de route. [00:13:54] Speaker B: Ça a beaucoup changé. Au début, il y avait deux assistantes médicales, une laborantine, basta. [00:14:01] Speaker A: Donc pour trois médecins. [00:14:03] Speaker B: Ensuite, on a décidé de former des apprentis assistantes médicales. Ça prend du temps de former des assistantes médicales. Au départ, on était souvent considérés comme des négriers en disant qu'on voulait juste la main-d'œuvre bon marché. Non, ça prend beaucoup de temps. Maintenant, les assistantes qui les forment doivent avoir un diplôme, ils ont un cursus de formation et puis un droit. Et puis on doit avoir un certain nombre d'assistantes médicales diplômées pour former un certain nombre d'apprentis. Donc ça a été une décision commune parce que ça nous faisait plaisir de donner leur chance à des jeunes assistantes médicales. C'était quoi déjà la question ? [00:14:47] Speaker A: Oui, mais est-ce que le nombre d'employés a évolué ? [00:14:49] Speaker B: Vous avez eu plus d'assistantes médicales ? Oui, à la fin, il y avait 4 ou 5 assistantes, il y avait 2 ou 3 apprentis à la fois. Je dis 2 ou 3 parce que l'apprenti de première année, on ne la voyait pratiquement pas. Mais il y avait 4 ou 5 assistantes, il y avait une laborantine, il y a une femme de ménage. [00:15:08] Speaker A: Oui, c'est tout des membres du personnel. [00:15:10] Speaker B: Je crois qu'il y avait 9 membres de personnel, sauf erreur. [00:15:15] Speaker A: D'accord. [00:15:16] Speaker B: Peut-être maintenant, vous avez moins. [00:15:18] Speaker A: Alors, oui, est-ce que ça a évolué ? [00:15:20] Speaker C: Moi, j'ai vu que ça a un petit peu évolué, plus ou moins la même chose, pas trop loin. Parce que moi, je me suis dit, peut-être avec l'évolution de l'informatique, on a moins besoin de classer les gros documents qu'ils avaient à cette époque. Donc, les assistantes, elles ont moins de travail comme avant. Donc, maintenant, on a diminué, nous avons presque la même chose. On a trois assistantes médicales à plein temps. Et c'est eux qui gèrent les laboratoires, la réception, la salle des soins de radiologie, tout. Et puis on a une ou deux apprentis. [00:15:53] Speaker A: D'accord. [00:15:53] Speaker C: On a la facturiste aussi, mais un petit pourcentage. [00:15:57] Speaker A: Ah ok, donc ça c'est un poste spécifique. [00:15:59] Speaker C: Oui. [00:16:00] Speaker A: Alors racontez-nous, vous, quand est-ce que vous avez rejoint le cabinet Médignon ? [00:16:05] Speaker C: Je l'ai rejoint officiellement en janvier 2013, mais j'ai commencé avec des remplacements, depuis l'été 2012 déjà. [00:16:19] Speaker A: Vous nous avez expliqué avant ce qui vous avait attiré dans ce cabinet. Comment s'est passé le processus de recrutement ? Est-ce que vous avez été recrutée en tant qu'employée ou en tant qu'associée ? Racontez-nous un peu tout ça. [00:16:35] Speaker C: Je suis recrutée comme associée. Et parce que quand je suis arrivée, j'ai cherché, j'avais des enfants à bas âge et je ne voulais pas quelque chose à temps plein. Et j'ai eu Docteur Grosjean qui voulait partir, mais progressivement, il ne voulait pas partir d'un coup non plus. Donc ça m'arrangeait de partager 50% avec lui. Donc on était avec lui, associés, on fait une partie, puis les autres. [00:17:06] Speaker A: D'accord. Donc, en fait, les médecins ne sont jamais des employés finalement, c'est toujours des associés dans les cabinets de groupe ? [00:17:14] Speaker C: Non, on a différents types de cabinets de groupe. Chez nous, nous sommes tous associés. Il y a des cabinets de groupe, où c'est Sarl, où il y a des conseils administratifs qui gèrent. Mais nous, comme associés, c'est nous qui gèrons tout. [00:17:31] Speaker A: Les ressources humaines, Comme pour le docteur Michaud, quand vous êtes arrivé, vous avez adopté le fonctionnement existant du cabinet ou vous avez pu, en tant que nouvelle associée, influencer un petit peu sur le système de répartition des charges ? [00:17:52] Speaker C: Alors comme j'étais en binôme, avec d'autres agro-gens qui partaient à 50% donc j'ai repris la tière des censages. On a partagé un tiers. On est comme associés et je suis les gens, c'est pas compliqué. [00:18:12] Speaker A: Ça m'arrange bien, je peux pas trop. [00:18:14] Speaker C: Réfléchir, comment faire, comment gérer les sources. [00:18:18] Speaker A: Maintenant, vous avez dit que ça fait 12 ans que vous êtes au sein du cabinet. Vous, de votre côté, qu'est-ce que vous diriez au niveau des avantages et des défis d'une telle structure ? [00:18:37] Speaker C: Alors, le but du cabinet médical est d'offrir de bonnes soins aux patients. et avoir une bonne entente entre les médecins également et puis toute l'équipe. Ça, c'est le gros défi. Donc, il faut qu'on s'entende bien entre nous et puis on prend du temps de se voir régulièrement. Aussi, prendre du temps, accorder du temps aux employés. Avec les assistantes médicales et les secrétaires médicaux, on doit se voir régulièrement, être à l'écoute d'eux pour voir ce qu'ils désirent pour que leur travail fonctionne bien, avoir une bonne communication, entre nous et puis donner des ordres clairs pour que ça puisse mieux passer. Pour qu'ils puissent donner les ordres, donner les informations nécessaires pour le soin des patients. [00:19:28] Speaker A: Donc vous faites des réunions régulièrement ? [00:19:31] Speaker C: Voilà, on fait des réunions régulièrement, ce qui est important, pour que chacun puisse exprimer ce qu'ils ont besoin et pour voir comment on arrive à les avoir, puis les implémenter. [00:19:47] Speaker A: Merci. Est-ce qu'il y a d'autres défis que vous voyez dans la gestion d'un cabinet de groupe, peut-être au niveau des finances ? [00:19:55] Speaker C: Ah oui, c'est le partage des charges. Très, très complexe, que l'on a toujours à se battre maintenant. À l'époque, quand je suis venue au cabinet, il y avait Grosjean, Michelot et Walter. Ils partageaient un tiers, un tiers de tous les frais du cabinet. Les frais personnels, labos, tous les frais partagés en trois. Comme ça, tout le monde est libre de travailler comme il veut. Et quand je suis arrivée, j'ai partagé cette tierce des dents à gros gens. Un tiers pour moi, un tiers. pour moi, la moitié des d'autres à gauche dans son tiers. Et puis après, du temps, on voit que puisque moi, j'ai travaillé beaucoup avec lui, on travaille pas mal. Puis après, quand Dorta va-t-elle en train de partir, il a aussi partagé son parti aussi. Donc, ça fait pas mal de complexe à gérer tout ça, parce que les deux ensemble, on gagne beaucoup plus qu'une personne. Donc, les partages n'étaient plus équitables. Donc, avec du temps, il faut définir comment est-ce qu'on partage. Ça, c'est difficile. Et puis finalement, quand les trois aînés ont quitté le cabinet, nous, on est quatre là, on a vu que chacun travaille complètement différemment. Il y a deux personnes à 100 %. Moi, j'étais à 75-80 %, puis mon collègue aussi, ma collègue aussi, à l'entrée des 80 %. Comment est-ce qu'on partage ça ? Parce que si on ne travaille pas, les assistants sont toujours présents, les locaux sont là. Les frais, ça court quand même si on n'est pas là. Et chacun a le choix pour choisir comment il veut travailler. Donc, on a discuté et on est revenu à peut-être avoir 45% fixe et 55% selon notre revenu. Et puis là, on a regardé ça un petit moment, et puis à un moment donné, il y a une personne qui a quitté l'équipe, et la quatrième personne qui l'a remplacée travaille beaucoup moins. Donc, c'était compliqué. Donc, la personne qui travaille moins payait moins, mais les autres ont payé encore plus. Donc, on a revu, ok, maintenant on revient à 50% fixe, 50% selon les revenus. Et maintenant, l'autre qui travaillait moins, il est parti, et un autre qui est revenu. Puis ils lui disent, ah non, moi je ne travaille pas comme vous, vous travaillez, je ne suis pas d'accord de payer cette somme fixe. Non, il faut payer selon ce qu'on gagne. Donc c'est un bar constamment. Et quand j'ai compris, il n'y a pas d'équitabilité, ce n'est pas possible. Parce qu'il y a toujours des gagnants et des pertes, il faut être flexible. [00:22:55] Speaker A: Donc on revient sur la flexibilité, c'est une qualité très importante. [00:23:01] Speaker C: Et puis comme il a dit, il faut se voir régulièrement pour avoir l'entente. Parce que si on s'entend mieux, on s'entend bien, il y a des choses qu'on peut surmonter. [00:23:09] Speaker A: On peut être plus flexible quand on s'entend bien et si on ne s'entend pas bien. Et pour entretenir la bonne entente dans toute l'équipe et particulièrement entre les médecins, au-delà de ces réunions, vous faites encore autre chose, par exemple des sorties ? [00:23:27] Speaker C: Oui, on offre assez régulièrement des petits déjeuners ou un petit moment où on se voit derrière dans les cafétérias où on discute, on partage. des choses et on s'est réunis, on fait des fêtes à Noël, on fait nos grandes sorties, balades, raquettes en janvier. Et puis quelques fois, pendant leur anniversaire, on met des gâteaux pour bien partager, pour créer les bonnes ambiances. [00:23:56] Speaker A: Génial, c'est chouette. Et pour revenir un petit peu sur ce qu'on disait avant, comment vous faites pour vous répartir les nouveaux patients ? [00:24:05] Speaker C: Alors les nouveaux patients, c'est eux qui décident qui veut comme médecin. On n'a pas des... C'est les patients qui décident eux-mêmes. [00:24:15] Speaker A: D'accord. [00:24:16] Speaker C: Et puis s'ils ont avec une personne et puis ils n'ont pas envie d'être restés pour des raisons X, ils ont le droit d'échanger. Puis nous, on est tout à fait libre et ouvert à ça. [00:24:25] Speaker A: Ok, très bien. Là, on comprend bien que finalement, vous avez étudié la médecine, mais vous vous retrouvez co-chef d'entreprise. En fait, c'est toute une entreprise à gérer avec le personnel, avec tous les aspects liés à la gestion d'entreprise. Donc c'est beaucoup de casquettes à porter, je pense. Vous avez appris un peu sur le tas, comment vous faites pour gérer notamment le recrutement, les ressources humaines ? Vous vous faites aider par une structure externe ou je crois que vous avez dit tout à l'heure que vous faites tout à l'interne ? [00:25:02] Speaker C: Oui, nous, on fait tout à l'interne. On recrute nous-mêmes. Et heureusement, moi, je suis venue et j'ai appris avec Dr Grosjean, Dr Michaud et puis Dr Walter. J'ai appris sur l'État. Et quand ils sont partis, on a suivi les mêmes modèles. Puis mes collègues, ils sont revenus pour le remplacer. Ils ont aussi suivi plus ou moins les mêmes modèles. Donc ce qu'on fait, on essaie de voir déjà les assistantes médicales, les secrétaires médicaux, leurs besoins, définir qu'est-ce qu'ils ont besoin. Et puis nous aussi comme médecins, de quoi on a besoin ? Combien de pourcentage ? Et puis si on va recruter quelqu'un, quel type de formation on a besoin ? Pour quel poste ? Puis après on met l'annonce. dans les journaux ou bien dans les réseaux sociaux, Facebook, à la mode. Tout ce qui est à la mode maintenant, c'est ce qu'on utilise. Puis après, la personne vient et avant, on fait entrer les dossiers. On laisse déjà les assistantes eux-mêmes trier les dossiers, voir qu'est-ce qui les sent pétinantes pour le travail, pour collaborer avec eux. Puis après nous on les interview, on les demande pour venir pour l'entretien, pour avoir notre point de vue médecin également. Puis la personne vient pour un essai. [00:26:21] Speaker A: D'accord. C'est un essai de combien de temps ? [00:26:25] Speaker C: La première fois, ils viennent un jour pour voir si ça les plaît, et puis après on les engage pour les premiers trois mois d'essai. [00:26:34] Speaker A: Est-ce qu'il y a des qualités particulières ? On a parlé de l'honnêteté et de l'impartialité. Est-ce qu'il y a d'autres qualités particulières que vous recherchez auprès des personnes que vous recrutez ? [00:26:48] Speaker C: La bonne formation, qu'ils ont la bonne formation, qu'ils ont aussi... qu'ils aiment bien travailler en équipe, c'est très important. Comment ils les respectent. Comment ils les respectent pour l'un l'autre. Et aussi, on a besoin qu'ils soient flexibles dans les horaires. Également, qu'est-ce qu'on a besoin aussi... qu'ils soient en bonne humeur, ça c'est important pour que les patients sont bien, des bienveillances aussi par rapport à l'équipe. [00:27:22] Speaker A: Parce que vous avez dit que vous avez quatre assistantes médicales à temps plein, c'est juste ? [00:27:28] Speaker C: Trois assistantes à temps plein. [00:27:29] Speaker A: Donc on vous dit de flexibilité avec les horaires, ça veut dire que des fois elles doivent rester plus tard le soir ? [00:27:38] Speaker C: Au séjour, c'est rare qu'on arrive à rester tard. 5h30, 6h, c'est loin. Mais quelquefois, au cas où quelqu'un est absent, on peut les appeler. Même si ce n'est pas leur jeu de travail, ils peuvent venir remplacer, faire des remplacements, puis prendre des jours congés pour remplacer les heures supplémentaires qu'ils ont effectuées. Plus flexible au niveau des vacances aussi, qui normalement doivent prendre les vacances presque au même temps que nous. [00:28:07] Speaker A: Il faut bien se coordonner. Est-ce qu'il y a dans votre cabinet la possibilité de travailler à temps partiel ? Je crois que vous, vous êtes à temps partiel ou plus maintenant ? Vous avez commencé à temps partiel ? [00:28:21] Speaker C: Oui, j'ai commencé à 50% puis maintenant je suis pressée à 75-80%. Il y a cette possibilité pour les apprentis. Non, pas pour les apprentis, pour les assistantes médicales et les secrétaires médicaux. Il y a cette possibilité. Soit à plein temps ou sans pourcentage. C'est comme ça qu'ils ont envie. C'est selon la demande du cabinet également. [00:28:48] Speaker A: Le cabinet apprécie d'avoir des personnes... Maintenant. [00:28:53] Speaker C: Actuellement aussi, on a une personne qui vient à 20%. Parce qu'on n'a besoin que deux matinées pour nous remplacer, pour remplacer l'assistante médicale. Donc, on est content de l'avoir. Et puis, elle était toute contente parce qu'elle a des enfants de très bas âge. Et puis, juste pour ne pas oublier la médecine et puis sortir de la maison, ça lui fait plaisir. [00:29:11] Speaker A: Donc, ça lui convenait à 20% ? [00:29:14] Speaker C: Tout le monde, ça nous convient, nous aussi. [00:29:15] Speaker A: C'est bien, excellent. Alors, maintenant je me retourne vers vous, docteur Michaud. Ça fait depuis 2021 que vous avez quitté le cabinet, pris votre retraite, donc quatre ans. Ça vous a permis de prendre une certaine distance, je pense, avec le quotidien de médecin et la gestion opérationnelle du cabinet. Qu'est-ce que vous auriez comme conseil à donner à des médecins, comme par exemple le docteur Markham, qui sont actuellement en poste dans un cabinet de groupe ? [00:29:47] Speaker B: Qui sont déjà en poste, pas qui vont entrer. Je vais peut-être juste d'abord ajouter quelque chose à ce cas d'Iridia par rapport au colloque. Effectivement, ce qui m'a frappé quand même sur les 30 et quelques années, les 38 années de carrière, c'est que ce qui coulait de source quand j'étais avec Grosjean et Walter, c'est complexifié. C'est-à-dire que nous, on faisait ce qu'on appelait un coloc pizza. J'ai presque envie de dire tous les tremblements de terre. Les choses se réglaient comme ça d'une manière extrêmement fluide. Et puis avec l'arrivée de nouveaux médecins, les problèmes administratifs, les problèmes légaux, la complexité en général de tout ce qui est de l'administration médicale qui nous est imposée par les assurances et par les politiciens, c'est vrai qu'on a été amené à faire Moi, ça me pesait pour finir. On faisait beaucoup, beaucoup de colloques. Ça prenait vraiment un temps fou. Alors peut-être que c'était nécessaire à la nouvelle entente entre les nouveaux et les anciens. Peut-être aussi qu'on prenait plus soin des assistantes médicales. Mais c'est peut-être un des grands changements que j'ai vécu, c'est que ce qui se réglait comme ça, à l'amiable, parfois même de manière non-dite, a nécessité qu'on ritualise beaucoup plus les colloques décisionnels. Et puis je pense que Lydia, elle ne va pas me contredire sur ce point-là. Même entre Non, 2012 et c'est 2021, quand je suis parti, elle a dû virer ce virage. [00:31:44] Speaker A: Vrai. On est d'accord que colloque, c'est les séances ? Séances en commun. [00:31:51] Speaker B: Soit que les médecins, soit les médecins et les assistantes. [00:31:55] Speaker A: Aujourd'hui, vous êtes toujours trois médecins ? Au total, il y a plus de 4. Alors qu'à votre époque, vous étiez 3. [00:32:05] Speaker B: Oui, jusqu'au départ de Grosjean et Walter qui ont été remplacés. Entre autres parce que les dames ne voulaient pas faire du 120, 140% comme les médecins à l'ancienne. Ça c'est quand même effectivement une révolution, autant pour les femmes que pour les hommes. Les médecins actuellement, ils ont envie de vivre une vie privée digne de ce nom et de ne pas avoir toujours la blouse blanche avant le costume civil, on pourrait dire. Donc ça, ça a été un des grands changements. Et puis, du coup, il y a eu plus de colloques. Voilà. Maintenant, pour revenir à votre question, qu'est-ce que je donnerais comme conseil à... Lydia ou d'autres qui sont déjà en groupe. Mais pas grand-chose, parce que j'ai vécu une époque. Les époques, elles changent. Maintenant, il y a l'IA qui intervient, il y a l'informatique tous azimuts, il y a les senseurs multiples, que ce soit des montres ou des appareils pour la glycémie des diabétiques. Enfin, il y a une foule de technologies qui se mettent en place et qui font que moi, je suis quand même un peu dépassée probablement dans ma conception de la médecine, j'aurais du mal à continuer ou à me réinsérer dans un cabinet actuel. Le maximum de conseils que je dirais, c'est d'essayer de garder effectivement une bonne entente entre collègues ou confrères et consœurs. de cultiver l'amitié, de cultiver les sorties en commun, de faire vraiment attention à l'entente et à la dynamique qui résulte, la bonne dynamique qui résulte de cette entente dans un cabinet. Autrement j'aurais aussi envie de leur dire mais étalez votre, dans la mesure où vous devenez pas dangereux évidemment, mais étalez votre pratique. Là alors j'ai pas de conseils à donner à Lydia parce qu'elle fait de l'acupuncture, elle fait de la médecine manuelle, elle fait plein de choses. Mais il y en a d'autres qui se restreignent à la médecine interne et c'est dommage. J'ai eu du plaisir à continuer la gynécologie, la chirurgie, l'orthopédie et la pédiatrie. Je pense que les médecins généralistes ou internistes généralistes, puisque c'est le nouveau titre, ils auraient avantage à garder un éventail de pratiques très ouverts. Ce serait peut-être le deuxième conseil que je donnerais. [00:34:32] Speaker A: Ce que permet le travail en cabinet. [00:34:36] Speaker B: Parce que chacun peut avoir son petit créneau. À l'époque, le Dr Walter était médecin du sport. Moi, j'ai fait la médecine manuelle. Dans certains cabinets, il y a des... Tout ça, c'est des attestations de formation complémentaire officielle de la Fédération des médecins suisses, en FC. Donc, il y a des apprentissages, puis il y a des diplômes. Il y a la médecine du sport, il y a la médecine manuelle, il y a l'homéopathie, il y a l'acupuncture, il pourrait y avoir encore la médecine psychosomatique, etc. L'éventail peut être très large. Et puis je leur dirai aussi, au nouveau, mais là non plus j'ai pas besoin de le dire à Lydia, essayez de faire quelque chose en dehors du cabinet. Moi j'ai été médecin scolaire, j'ai été médecin du gymnase pendant des années, j'ai été médecin délégué, c'est des tâches qu'elle a reprises. J'étais médecin délégué du distrit, donc j'étais le lieutenant du médecin cantonal pour le distrit d'Ognon. Ça m'appelait soit à faire des tâches bizarres de visite, de taudis ou de syndrome de diogène, ou bien ça me demandait d'intervenir au prix de la justice de paix ou de la préfecture. Enfin, c'était intéressant. Donc là aussi, essayer d'étendre son éventail. Il y en a qui font de la médecine humanitaire. Moi, j'en ai fait tout au début, mais ensuite, j'ai plus vraiment les... la disponibilité avec l'arrivée des enfants, etc. Mais voilà, un éventail large, autant dans la pratique du cabinet qu'en dehors. [00:36:12] Speaker A: Excellent, merci beaucoup pour ces précieux conseils. Je m'adresse maintenant à vous, Docteur Markham, pour ce qui est des conseils aux jeunes médecins qui hésiteraient à intégrer un cabinet de groupe ou même à en créer un eux-mêmes, à en fonder un eux-mêmes. Qu'est-ce que vous leur diriez ? [00:36:30] Speaker C: Alors, avant de s'engager dans cette... avoir un cabinet médical ou bien, en fin de partie, j'ai pointé le concert des docteurs Michel où il faut faire beaucoup de... pas que la médecine interne, il faut faire d'autres choses pour avoir pas mal de choses à offrir aux patients. Parce qu'après, on est vite handicapé, on ne sait plus quoi offrir aux patients. C'est quelque chose d'avantageux. Et puis aussi... Il faut avoir aimé travailler dans une équipe. Avoir le temps et la patience pour écouter les autres. C'est super important. Et puis aussi, à part beaucoup, beaucoup travailler, trouver un petit temps pour soi-même. Faire du sport, faire des choses, pouvoir trouver des plaisirs en soi-même, pour pouvoir aussi donner aux autres. Puis la vie, c'est pas que travailler, travailler. Il y a d'autres choses également. Et ça c'est le côté pratique humaine. Et puis quand on doit vraiment commencer un cabinet médical, puisque la plupart des temps on n'est pas formé pour, il faut bien se renseigner sur les problèmes financiers, il faut faire une emprunte bancaire, savoir de quoi on attend. Parce que les premiers trois mois d'avoir un cabinet, on n'a pas de salaire qui entre. Donc avoir une aide, de la famille ou de l'emprunte bancaire, ça aide énormément pour commencer. [00:38:03] Speaker A: Ok, il n'y a pas de salaire pendant les trois premiers mois. [00:38:06] Speaker C: Parce qu'il faut, tant qu'on fait la facturation aux patients, on attend que l'assurance ou les patients, il y a un délai. [00:38:17] Speaker A: Oui, c'est ça. [00:38:18] Speaker C: Puis après, il faut toujours payer l'institut, les assistantes, les coûts, il y en a pas mal, les frais. [00:38:26] Speaker A: C'est intéressant. Excellent, merci beaucoup. Oui, vous voulez compléter ? [00:38:33] Speaker B: Je vais juste compléter. On dit cinq, et puis ça je pense que tous les médecins qui s'installent vont faire connaissance avec ces concepts, il y a un crédit d'installation, c'est tous les frais liés à l'acquisition du matériel, et puis il y a le crédit d'exploitation, parce que comme dit Lydia, on n'envoie traditionnellement dans le canton de Vaud, en tout cas les généralistes ou les internistes généralistes n'envoient pas, leur note d'honoraire avant 3 mois. Ensuite, il faut encore que le patient soit remboursé par l'assurance, qu'il daigne nous payer, ce qui n'est pas toujours évident. Elle dit 3 mois, moi je dirais même 4 à 6 mois. Il faut qu'on ait eu un crédit d'exploitation pour survivre. [00:39:21] Speaker A: Merci pour ce complément. Je vais rebondir sur ce que vous venez de dire et me diriger vers une question un petit peu plus personnelle pour conclure cette interview. C'est cette histoire d'équilibre vie privée-vie professionnelle. On entend souvent que les médecins sont très occupés, donc je m'imagine que ce n'est pas évident de maintenir cet équilibre. Vous avez parlé de garder du temps pour soi, etc. votre secret finalement pour vous ressourcer et garder cet équilibre. [00:39:58] Speaker C: Moi, j'adore le sport. Donc, j'ai fait pas mal. Par exemple, les lundis, j'essaie de finir un peu tôt pour faire les pilates. Les mardis et jeudis, j'ai fait les jujutsu les soirs. Et les mercredis, j'ai pris du temps pour moi, j'ai fait les soins pour moi, je suis sortie avec ma copine, des copines, j'ai fait le paddle comme aujourd'hui. Faire des choses, ça fait plaisir. Puis le week-end, avec la famille, pour faire des balades en montagne ou les skis en hiver. Je réfugie beaucoup dans les sports. Et puis, quelquefois, les lectures, c'est pendant les vacances. [00:40:38] Speaker A: D'accord, vous arrivez vraiment alors du coup à mettre des limites, j'ai l'impression, des frontières entre le monde du travail et la vie privée pour survivre en fait. [00:40:50] Speaker C: Oui, parce que j'essaie de me donner le temps au travail, j'arrête à certaines heures, je fais un petit sport avant d'entrer à la maison et s'occuper des enfants et le mari bien sûr, c'est important. Voilà, ça c'est important, il faut trouver cet espace, et puis il faut s'occuper de soi-même, pour être bien, pour s'occuper de la famille, et puis aussi les patients. [00:41:11] Speaker A: Magnifique. Vous travaillez à 80% maintenant ? 75%. 75%, oui, d'accord. Bravo, c'est bien de réussir à trouver cet équilibre. [00:41:23] Speaker C: Merci. Mais c'est pas si facile toujours. Quand je dépasse, il y a des moments où je travaille un peu moins, pour récupérer. [00:41:35] Speaker A: On va voir si le docteur Michaud, de son temps, a aussi réussi à garder un aussi bon équilibre entre vie privée et vie professionnelle. [00:41:43] Speaker B: Mais non, effectivement, c'était une autre époque où on travaillait facilement 60 heures par semaine. Je ne vais pas vous étaler ma vie privée, mais elle a certainement souffert de mon absentéisme à domicile. Mes enfants m'en reparlent encore de temps en temps en me disant que j'étais vraiment l'homme invisible. Et je pense que, effectivement, parmi les conseils à donner aux jeunes médecins qui vont s'installer, c'est de garder un bon équilibre entre vie familiale vie associative, on va dire, société de gym ou quoi que ce soit, vie personnelle, et puis vie professionnelle. Ça fait en fait quatre vies qu'il faut conserver. Et bon, ben moi, non, j'ai pas très bien... Alors, ma vie personnelle, oui, je l'ai assez bien cultivée. Ma vie associative aussi, ma vie professionnelle, c'était le gros gros morceau. Et je pense qu'honnêtement, la vie familiale, j'ai pas bien géré ça. [00:42:46] Speaker A: Et du coup, dans votre vie personnelle, vous faisiez quoi comme activité pour vous ressourcer ? Parce que vous aviez quand même besoin de vous ressourcer. [00:42:54] Speaker B: Alors, je faisais de la musique, je jouais du piano. J'ai repris d'ailleurs maintenant des cours de piano. Et puis, je ne faisais pas simplement de sport. J'ai fait beaucoup de marathons, j'ai fait des patrouilles des glaciers. Enfin, c'était surtout randonnées et courses à pied. Et Poudfock, à une époque, haute montagne, assez haute, vraiment. Notamment avec un vieux copain qui s'appelait M. Dubas, avec qui j'ai fait d'innombrables courses. Mais pas que lui, avec le kevalpin. Donc j'ai fait beaucoup de 4000 à une époque. Maintenant, je fais plus que rando et courses à pied surtout. Donc c'était sport et musique, on va dire. Et un peu lecture. [00:43:45] Speaker A: Une vie bien remplie, pour tous les deux. Des vies bien remplies. Je vous remercie beaucoup pour toutes vos réponses et ce petit aperçu que vous nous avez donné dans la vie d'un cabinet de groupe. C'était très intéressant. J'espère que nos auditrices et auditeurs ont appris, tout comme moi, beaucoup de choses sur le fonctionnement d'un cabinet de groupe. [00:44:05] Speaker B: On espère leur avoir donné l'envie de s'installer, parce qu'un des drames des jeunes médecins assistants, c'est qu'il y en a beaucoup qui songent à quitter la profession tellement ils sont brimés et maltraités à l'hôpital. Alors non, quand on est seul maître dans son domaine, même à trois ou quatre, on fait ce qu'on veut, et j'espère qu'on leur a donné envie. [00:44:27] Speaker C: Oui, moi je crois que j'ai beaucoup de plaisir à travailler dans les cabinets des groupes. On partage avec des collègues, et puis aussi avec les assistantes médicales et des apprentis. On partage nos connaissances avec eux, et puis professionnels, puis aussi dans la vie privée. Je crois que c'est quelque chose de positif. Puis après le temps, on voit que les patients sont très contents de ce qu'on les apporte quotidiennement. Ils sont toujours reconnaissants. [00:44:55] Speaker A: Il y a une bonne ambiance quand on arrive dans la cabine. Merci beaucoup à tous les deux. À vous qui nous écoutez au podcast ou qui nous regardez sur YouTube, merci d'avoir suivi cette interview jusqu'au bout. Si vous êtes en recherche d'emploi dans le secteur médical, pensez à publier votre CV sur le site medpro.ch. C'est gratuit, très rapide, cela vous rend plus visible et facilite vos démarches auprès des employeurs. Vous avez également la possibilité de mettre votre CV en avant sur le site pendant une période de temps limitée. Cela montre aux employeurs que vous êtes activement en recherche d'emploi et augmente vos chances de décrocher un entretien d'embauche. Je vous dis à bientôt pour un nouvel épisode du podcast de MedPro, qui plonge au cœur des cabinets médicaux.

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