Episode Transcript
[00:00:15] Speaker A: Chères auditrices, chers auditeurs, merci d'être à l'écoute du podcast de MedPro, un podcast qui plonge au cœur des cabinets médicaux. J'ai l'immense plaisir de partager aujourd'hui mon micro avec Marie-Paul Fauchère, une assistante médicale aux très nombreuses casquettes, dont celle de Présidente de la RAM, Association romande des assistantes médicales.
Bonjour Madame Fauchère et merci d'être avec nous.
[00:00:37] Speaker B: Bonjour Madame Dubas, avec plaisir.
[00:00:40] Speaker A: Avant de vous tendre le micro, je me permets de mentionner rapidement ces multiples casquettes que vous portez. Vous êtes assistante médicale depuis 35 ans, membre de la RAM depuis presque aussi longtemps et depuis quelques années présidente de cette association. En parallèle, vous êtes également experte aux examens de CFC, Experte VAE, donc il s'agit de la validation des acquis de l'expérience. Membre de la commission santé de l'Ortra Valet, alors ça c'est l'organisation du monde du travail des domaines de la santé et du travail social. Vous êtes également membre du comité du projet Action Diabète et active dans le groupe de travail de la révision de l'ordonnance de formation des assistantes médicales. N'hésitez pas, si je dis quelque chose de faux, vous me corrigez.
ou que je prononce quelque chose de manière incorrecte, vous écrivez ou coécrivez aussi des articles professionnels, notamment pour la revue médicale suisse ou dernièrement pour le blog des médecins vaudois. Quel palmarès ! C'est incroyable, je suis très curieuse de connaître les raisons de vos différents engagements, mais je vais d'abord vous demander, s'il vous plaît, de nous présenter votre parcours.
[00:01:54] Speaker B: Alors, très volontiers, vous avez bien résumé la situation. Donc, je m'appelle Marie-Paul Fauchère, j'ai 58 ans, je suis mariée sans enfants. Voilà, la vie a fait que notre couple n'a pas pu accueillir d'enfants, donc je me suis aussi occupée d'une association de parrainage d'enfants pendant 20 ans en Inde qui s'appelle Namaste.
Et comme j'aimais à le dire des fois aux gens, j'ai 200 enfants mais ils ont tous une nourrice.
Donc j'habite en Valais. J'ai obtenu mon diplôme d'FMS d'assistante médicale en 1985, donc ça fait bientôt 40 ans.
avec une autorisation de radiographier, parce qu'à l'époque, la pratique de la radiologie, c'était un examen à part, et quand on obtenait notre diplôme, on devait faire en plus un certificat pour pouvoir faire des radiographies au sein du cabinet médical.
En 1989, j'ai rejoint le comité de la RAM. En fait, c'est ma collègue de travail qui était à la tête de la section Valais, enfin, qui s'occupait de la section Valais de la RAM, et qui m'a dit, mais écoute, il faut absolument que tu rejoignes cette association. Et voilà, j'y suis entrée en 1989, et depuis, je ne l'ai jamais quittée. J'ai occupé différents postes au sein du comité.
D'abord, comme responsable de la section Valais, J'organisais des conférences à peu près une fois par mois pour nos membres. Après, je suis devenue experte aux examens d'apprentissage. Après, experte pour l'aviation des acquis. J'ai aussi participé, enfin, j'ai œuvré à la surveillance de l'apprentissage. J'étais commissaire professionnel, ça veut dire que j'allais visiter les cabinets médicaux pour voir si tous les actes qui étaient dans l'ordonnance de formation été pratiquée au sein du cabinet médical. Je suis aussi co-responsable du congrès de l'ARAM, qu'on organise une fois par année avec ma collègue Mme Rodel. Je suis surtout en charge de trouver des conférenciers.
Je suis dans de nombreuses commissions romandes et au niveau national.
[00:04:28] Speaker A: C'est très impressionnant.
J'imagine que toutes ces activités sont venues petit à petit, donc vous êtes rentrée en 1989 à la RAM, et puis au gré, j'imagine, de votre parcours professionnel, l'expérience aussi, vous avez eu envie de vous impliquer davantage ? Je sais pas, vous voulez commenter un petit peu ça ? Oui, tout à fait.
[00:04:50] Speaker B: Alors, c'est vrai qu'au début, je travaillais à 100%, Et puis après, j'ai eu, et j'ai, c'est toujours le même patron depuis 35 ans, qui a aussi fait beaucoup de politique professionnelle. Et c'est vrai que de par ses engagements au niveau de la politique professionnelle, on avait souvent des congés au sein du cabinet médical, ce qui me laissait quand même passablement de liberté. Et puis c'est vrai que j'ai toujours été un petit peu intéressée par cette politique professionnelle, de faire évoluer la formation d'assistante médicale.
et puis d'avoir aussi un mari qui a un métier passion, avec souvent des week-ends où c'est qu'il était au travail, et puis ça me laissait de la disponibilité. Et puis voilà, on rentre dans un comité, puis après on nous demande une chose, et puis après on vient nous chercher pour autre chose, et puis voilà, puis les choses s'enchaînent, et puis quand on aime, on compte pas, je crois.
[00:05:46] Speaker A: Alors voilà, j'allais dire, alors nos auditeurs et nos auditrices ne vous voient pas, mais moi je vous vois et vous avez un grand sourire sur le visage, donc on voit que vous aimez votre activité. Donc effectivement, vous êtes très active, très prise, mais ça a l'air de vous plaire. Comment est-ce que vous répartissez votre temps entre votre métier et ces différents engagements à droite, à gauche ?
[00:06:13] Speaker B: Je travaille au cabinet médical à 60% trois jours par semaine, lundi, mardi, mercredi. Les jeudis et vendredis, je les consacre beaucoup pour la rame. J'essaie de prendre plutôt des séances entre le jeudi et le vendredi.
Et puis des fois, ça arrive typiquement aussi qu'on organise des séances en visio sur le temps de midi, si on n'arrive pas à faire autrement. Mais c'est vrai que le jeudi était en principe le jour de congé des médecins, le jeudi après-midi. Ça a été un petit peu dans la tradition. C'était le jeudi après-midi, les cabinets médicaux étaient fermés. Maintenant, ça a un petit peu changé avec la profession qui s'est un peu plus féminisée.
Donc souvent, les cabinets médicaux sont plutôt fermés le mercredi après-midi. Mais chez nous, on travaille les trois premiers jours, puis après les deux autres jours, ça me laisse du temps. Puis c'est vrai que c'est aussi un travail de tous les jours. Tous les jours, je vais relever ma boîte mail, répondre à des mails. Moi, je n'aime pas que le travail s'accumule et puis que tout d'un coup, je sois complètement débordée. J'aime bien faire les choses les unes après les autres.
Et puis, je me suis rendue compte que quand on ne répond pas à un mail dans les 24 heures, souvent après, on oublie. C'est vrai que j'aime bien traiter les choses assez rapidement.
[00:07:33] Speaker A: D'accord. Donc, en fait, pour résumer, vous avez votre emploi à 60% lundi, mardi, mercredi, et puis le reste qui vient combler les trous, j'ai envie de dire, le soir et la fin de semaine, parfois même le week-end, vous disiez. Une femme très active.
Merci beaucoup. Revenons peut-être un petit peu sur l'activité de la RAM. Est-ce que vous pouvez nous rappeler la mission que s'est donnée cette association et puis, par exemple, ses objectifs pour 2024 ? Oui.
[00:08:06] Speaker B: Cette association a été fondée en 1997. et puis elle s'engage beaucoup dans la formation de défendre les intérêts de ses membres et le développement professionnel. Donc, on organise des cours de formation continue pour nos membres, on a mis sur pied des formations certifiantes, Entre autres, la radiologie élargie et quelque chose qui nous a bien occupés mais qui a été une belle réussite, c'est le brevet fédéral pour les assistantes médicales avec deux orientations, une orientation clinique et une orientation gestion. On offre aussi à nos membres la possibilité de consulter des offres d'emploi sur notre site.
Actuellement, on n'a que des offres d'emploi de médecins, mais je pense qu'à partir du mois d'avril, si tout va bien, les assistantes médicales qui sont membres de notre association pourront aussi poster des offres d'emploi pour dire qu'elles sont en recherche d'un travail.
Donc on a notre congrès annuel, que je vous ai parlé tout à l'heure. On a un magazine qui s'appelle Aram Magazine, qui paraît quatre fois par année. On a d'ailleurs engagé une chargée de communication pour s'occuper de ce magazine. Donc ça a donné un bon coup de pep à ce magazine. Elle est arrivée avec des idées très innovantes.
En fait, les membres du comité, on est dans plusieurs commissions. Alors, je ne vais pas vous faire toute la liste, mais par exemple, on a une membre du comité qui est à la plateforme interprofessionnelle, une autre qui collabore pour le DEP sur le canton de Vaud, pour les cercles de qualité, on a des collaborations avec la FMH, le projet PEPRA, le projet Caminé Vert, le projet Investpro, enfin etc. Voilà la liste.
[00:10:05] Speaker A: Oui, vous vous ennuyez pas j'ai l'impression.
[00:10:08] Speaker B: Non, on s'ennuie pas. Et puis c'est vrai qu'on est de plus en plus sollicités.
Voilà, je pense que c'est du fait qu'on nous connaît et puis on nous sollicite de plus en plus dans différentes commissions, mais c'est toujours très passionnant parce que ça nous permet de rencontrer des gens et puis ouais, c'est très intéressant.
[00:10:28] Speaker A: Et puis si on vous sollicite, c'est qu'il y a une reconnaissance dans le monde professionnel de l'importance de votre association.
[00:10:35] Speaker B: Tout à fait, tout à fait. Et ça, ça nous fait chaud.
[00:10:40] Speaker A: Juste une petite question, c'est peut-être moi qui ai mal compris, mais vous avez dit qu'elle avait été créée en 97 ? Non, en 1977, excusez-moi, j'ai avancé les chiffres.
Alors, très bien. Voilà, il me semblait, parce que je me suis dit, il me semblait que vous avez rejoint l'association en 89, donc je me disais qu'il y avait un.
[00:11:01] Speaker B: Petit... Peut-être que je n'avais pas bien compris.
[00:11:06] Speaker A: Très bien, parfait. Une petite question encore, donc en préparation de cet entretien, vous m'avez dit que souvent, les assistantes médicales souhaiteraient peut-être que la RAM défende leur salaire.
Qu'est-ce que vous leur donnez comme réponse à ce souhait ? Je ne sais pas si c'est une revendication, plutôt un souhait, effectivement.
[00:11:29] Speaker B: Oui, c'est vrai que c'est un petit peu souvent la remarque qu'on a de nos membres, qui nous disent « mais la RAM, vous ne faites rien pour les salaires ». Alors ce qu'il faut savoir c'est que les salaires, c'est les sociétés cantonales de médecine qui éditent chaque année des recommandations. Donc j'insiste vraiment sur le mot recommandation, ce n'est pas une obligation légale.
Et chaque société cantonale de médecine, à la fin de l'année, nous envoie des recommandations de salaire. Avec certaines sociétés cantonales de médecine, comme avec la Société vaudoise de médecine, on a vraiment des excellents contacts. Et puis chaque année, on va discuter avec eux pour essayer de trouver un compromis pour ces recommandations salariales. Et on a certaines sociétés cantonales de médecine qui nous envoient leurs documents et voilà, on fait avec.
La RAM, aussi, on édite des recommandations salariales, mais c'est vrai que c'est aussi à nos membres de défendre leur salaire auprès de leur employeur, parce que nous, on ne peut pas aller accompagner les quelques 1 300 membres qu'on a pour négocier leur salaire. Donc, c'est une négociation qui doit se faire entre l'employeur et l'employé, Alors, je suis consciente que ce n'est pas facile parce qu'on est un métier d'assistante, donc je pense qu'il y a ce thème d'assistante qui pèse un petit peu, puis on ne sait pas très bien se vendre et se défendre, mais c'est aussi à nos membres de faire reconnaître leur formation complémentaire qu'elles ont fait, si par exemple elles sont en charge d'un apprenti ou d'une apprentie, si elles ont fait une formation en radiologie élargie, si elles ont fait le preuvé fédéral ou des modules du preuvé fédéral, et d'aller négocier sur la base des recommandations salariales. Et puis après, je dis aussi, il n'y a pas que le salaire. Il y a aussi le nombre de semaines de vacances qu'on a par année. Parce que dans certains cabinets, c'est bien plus que 4 ou 5 semaines. Ça peut aller jusqu'à 8 à 10 semaines de vacances payées.
Donc ça c'est aussi un plus. C'est peut-être aussi une place de parc qui est offerte en plein centre-ville. Ça a aussi une certaine valeur. Alors c'est vrai qu'on leur dit mais c'est à vous d'essayer de vous vendre. Mais je peux comprendre que ce n'est pas facile.
[00:13:58] Speaker A: Oui. J'imagine que, en plus, souvent les femmes ont plus de peine à se vendre, et comme c'est un métier qui est quand même très féminin, mais voilà, il faudrait presque pouvoir apprendre à négocier un salaire.
[00:14:13] Speaker B: Oui, c'est ce qu'on s'est dit, qu'on devrait peut-être mettre sur pied un cours pour apprendre à négocier un salaire. C'est quelque chose qui cogite un petit peu au sein du comité.
[00:14:25] Speaker A: D'autant que les assistantes médicales sont un peu en position de force actuellement, vu qu'elles sont aussi un peu une denrée rare sur le marché du travail.
[00:14:34] Speaker B: Oui, c'est vrai qu'on a une pénurie d'assistantes médicales sur le marché du travail.
Mais j'ai aussi envie de dire qu'on a une pénurie au niveau des soins de toutes les professions de la santé, autant au niveau des médecins que des infirmières, et c'est vrai que ça devient quand même un problème.
[00:14:52] Speaker A: D'accord. Alors, on reviendra là-dessus un petit peu après, parce que ce sujet de la pénurie, effectivement, est beaucoup discuté actuellement.
J'avais envie de parler aussi de vos engagements dans tout ce qui est transmission et enseignement, parce que comme on l'a dit, vous êtes experte pour les examens de fin d'apprentissage à CFC.
expertes VAE, Validation des acquis par l'expérience. Vous avez aussi collaboré pendant dix ans au sein du groupe des auteurs des questions d'examen de l'assistance à la consultation. Comme vous l'avez dit tout à l'heure, vous avez travaillé comme commissaire professionnel, donc vous passez dans les cabinets médicaux vérifier les conditions d'apprentissage.
Enfin voilà, c'est beaucoup d'engagement dans des aspects liés à la formation. Qu'est-ce qui vous pousse à déployer toute cette énergie dans l'accompagnement de la relève en fait ?
[00:15:49] Speaker B: Parce que moi je trouve que c'est important qu'on ait une formation de qualité. Puis c'est vrai que pendant de nombreuses années, on a été une profession qui n'était pas reconnue, enfin pas reconnue à son juste titre. Alors juste pour faire un petit historique, On a eu notre premier contrat de travail qui a été signé avec la FMH en 1981. Pendant de nombreuses années, il n'y avait pas de contrat de travail pour les assistantes médicales. Après, en 1984, au départ c'était surtout les femmes de médecins qui travaillaient avec leur mari au sein du cabinet médical. Elles apprenaient un petit peu sur le tas.
Et puis après c'était des fois des jeunes filles au père qui étaient dans la famille du médecin, puis qu'après qui rejoignaient le cabinet médical et puis on les formait. Et en 1984, parce que j'ai fait un petit peu des recherches pour cette interview, j'ai été un petit peu recherchée dans les archives de la femme, on avait reçu une lettre du service de la santé publique vaudois où il était stipulé que la profession d'aide médicale – parce qu'on nous appelait des aides médicales, on n'était pas des assistantes médicales – n'a été mentionnée nulle part dans la législation sanitaire, et puis qu'avec ce problème, ça aurait pu aboutir à l'interdiction d'exercer cette profession.
Mais à cette époque, notre profession était tolérée seulement dans la mesure où celle-ci se déroulait explicitement dans le cabinet médical et sous l'entière responsabilité du médecin.
Donc ça, c'était en 1984. Et puis après, en 1990, pour revenir un petit peu sur les salaires et les « revendications » de nos membres, on a obtenu enfin le treizième salaire.
Et en 1991, on a commencé à faire des démarches. Donc les démarches, elles étaient antérieures à 1991 pour avoir une reconnaissance de la profession d'assistante médicale.
Et en 1991, il y avait un bilan qui était assez positif pour une reconnaissance de la profession d'assistante médicale au niveau de l'OFIAMT à l'époque, qui est devenu maintenant le SEFRI. Mais il a quand même fallu attendre encore cinq ans pour que les choses se mettent en place.
Et c'est en 1996 que la profession d'assistante médicale est enfin reconnue par l'OFIANT. Et en 1999, on a eu en fait les premières apprenties qui ont obtenu leur CFC d'assistante médicale. Donc jusqu'en 1999, on ne délivrait que des diplômes d'FMS, donc des diplômes qui étaient reconnus par la FMH.
Alors c'est vrai que ça a été une longue...
une longue bataille. En 2008, il y a eu l'entrée en vigueur de la nouvelle ordonnance sur la radiologie élargie. Et puis, en 2010, l'entrée en vigueur de la nouvelle ordonnance de formation professionnelle et la mise en place du nouveau plan de formation. Et puis, c'est pour ça que la RAM, on a toujours collaboré avec la FMH, déjà pour avoir une profession qui soit reconnue, qui soit en adéquation avec l'ordonnance de formation. Et puis c'est vrai que j'ai fait cette surveillance de la profession pour voir si justement dans les cabinets médicaux, si les personnes avaient la possibilité de faire tous les actes qui étaient dans l'ordonnance de formation, parce que par exemple, si vous avez un apprenti ou une apprentie qui travaille chez un gynécologue, elle ne va pas faire de radiologie.
Donc maintenant, on a réussi à régler ça avec un avenant au contrat d'apprentissage où c'est marqué que s'il n'y a pas la possibilité de couvrir tous les actes de l'ordonnance, par exemple la radiologie ou du laboratoire, il y a un annexe au contrat d'apprentissage et ces personnes vont suivre des cours, soit dans un laboratoire privé ou alors dans un institut de radiologie, pour pouvoir couvrir justement tout ce qui est dans l'ordonnance de formation.
[00:20:08] Speaker A: Excellent. Donc en fait, j'ai l'impression que vos engagements au niveau de la formation s'imbriquent en fait clairement avec votre engagement au niveau de la RAM, qui a petit à petit créé, enfin fait en sorte que le CFC voit le jour, etc., et puis maintenant le brevet fédéral. Donc la RAM elle-même s'engage pour la formation des assistantes médicales, et donc voilà, il y a vraiment un lien direct entre vos différents engagements.
[00:20:32] Speaker B: Oui, oui, tout à fait. C'est pas un engagement personnel, mais c'est vraiment un engagement de l'association professionnelle. Et puis après, c'est vrai que j'ai oeuvré dans ce groupe de travail pour les questions d'examen, parce que justement, quand le CFC est entré en vigueur, il a fallu mettre sur pied des groupes de travail pour créer des questions d'examen. Donc il y avait des groupes de travail en Suisse romande et en Suisse alémanique. Chaque groupe créait des questions dans sa langue et ensuite c'était traduit. Parce qu'on ne voulait pas avoir que des questions en allemand qui soient traduites en français parce qu'on se disait que des fois la traduction n'était pas toujours très très bonne, et on voulait aussi un petit peu ancrer notre romandie dans ce groupe de travail. Donc on s'est battu pour ça, et puis on a créé ces groupes de travail, c'était pour la radiologie, le laboratoire, les soins, tout ce qui est administratif, et puis pour la pathologie. Et dans ces groupes de travail, on avait un médecin, une enseignante, et une assistante médicale.
[00:21:43] Speaker A: C'est très intéressant, et je trouve… Merci aussi pour l'historique de la formation. On n'a pas souvent l'occasion, en fait. Moi, par exemple, j'avais pas du tout conscience qu'il n'y avait pas de CFC d'assistante médicale avant 1999. Ça paraît tard.
Donc, c'est très intéressant. Je voulais juste préciser, alors, pour nos auditrices et auditeurs qui peut-être ne le sauraient pas, bon, FMH, je crois que c'est assez clair, c'est la Fédération des médecins suisses. Le SEFRI, c'est le Secrétariat d'État à la formation, à la recherche et à l'innovation.
Voilà, donc c'est lui qui gère tous ces aspects, justement, de diplôme. Très intéressant. Je reviens aussi sur ce que vous avez dit. Vous avez dit plusieurs fois que vous avez réussi à faire reconnaître le métier d'assistante médicale.
Néanmoins, aujourd'hui, le métier d'assistante médicale ne figure pas sur la liste des professions de la santé, c'est juste ?
[00:22:40] Speaker B: C'est juste.
Alors, il y a trois cantons suisse-alémaniques, je ne veux pas vous les citer parce que je ne suis pas certaine desquels, où les assistantes médicales sont reconnues comme professions de la santé.
Alors ça, ça vient de notre fédéralisme, parce que chaque canton à justement une loi sur la santé. Et en fait, ce qu'il faudrait, c'est qu'on négocie avec chaque canton pour pouvoir rentrer dans la loi sur la santé.
Donc, c'est quelque chose qui nous tient à cœur.
Je ne sais pas si on va arriver à le faire en 2024, mais on aimerait vraiment qu'on puisse être dans la loi sur la santé.
parce que peut-être que ça, je pense qu'il y aurait une meilleure reconnaissance de la profession d'assistante médicale et puis on n'aurait peut-être pas des gens qui viendraient travailler dans des cabinets médicaux avec des formations qui ne sont pas tout à fait complètes, typiquement des secrétaires médicaux qui auraient fait un petit cours de prise de sang et qui vont travailler au cabinet médical.
Le canton de Genève a réussi à éviter ce genre de choses parce qu'elles doivent avoir un droit de pratique, les assistantes médicales, pour pouvoir travailler dans un cabinet médical sur le canton de Genève.
Donc c'est vrai que si on arriverait à rentrer dans la loi cantonale de chaque canton romand, et puis peut-être après avoir un droit de pratique, peut-être même pas, mais en tout cas de pouvoir être connu au niveau de la loi cantonale.
[00:24:17] Speaker A: Parce que du coup, sur le canton de Genève, le métier d'assistante médicale est reconnu comme profession de la santé ? Est-ce que c'est une condition sine qua non pour avoir un droit de pratique ?
[00:24:31] Speaker B: Oui, oui. Alors, vous devez obligatoirement avoir soit un diplôme d'FMS, donc de la FMH, ou un CFC d'assistante médicale. Et après, vous faites une demande à l'État de Genève pour obtenir un droit de pratique.
Ça c'est venu aussi un petit peu du fait que comme Genève est un canton frontalier, ils avaient beaucoup de secrétaires médicales françaises qui venaient travailler, mais en fait la profession d'assistante médicale n'existe pas en France. C'est en train de changer.
parce qu'il semblerait qu'ils sont en train de mettre sur pied quelque chose, mais c'était surtout des secrétaires médicales. Et puis voilà, c'est une profession qui malheureusement n'est pas reconnue. La profession de secrétaire médical n'est pas sanctionnée par un CFC.
Donc c'est déjà pas une profession reconnue. Et puis après, ben voilà, elles allaient faire des cours pour faire des pansements, des prises de sang, des choses comme ça.
Mais vous n'avez pas toute la théorie, vous n'avez pas toute la préanalytique pour le laboratoire, tous les risques, toute la protection du patient, de l'assistante médicale, comment vous gérer si tout d'un coup il y a un malaise. Alors voilà, c'est vrai que c'est pour ça qu'on essaie un petit peu de se battre pour pouvoir rentrer dans la loi sur les professions de la santé.
[00:26:00] Speaker A: Et puis aussi, du coup, comment dire, cette reconnaissance permettrait peut-être, ou encouragerait peut-être les médecins à davantage prendre conscience de l'importance d'engager une personne qui a reçu la formation adéquate pour effectuer tous ces gestes médicaux ?
[00:26:21] Speaker B: Oui, tout à fait, parce que c'est quand même une profession qui est… C'est un apprentissage de trois ans, c'est un apprentissage qui est exigeant.
Donc c'est vrai qu'il n'est pas facile comme apprentissage, il y a beaucoup de matière, beaucoup de théories, le niveau est quand même assez élevé, alors que souvent les secrétaires médicaux, c'est des formations qui se font sur six mois, bien souvent à distance.
à la maison, et puis après, elles reçoivent un diplôme de secrétaire médical. Mais comme son nom l'indique, elles seraient normalement autorisées à faire que du secrétariat.
[00:26:59] Speaker A: Oui, c'est deux métiers différents, finalement.
[00:27:01] Speaker B: Oui, c'est deux métiers différents.
[00:27:05] Speaker A: D'accord. Et pour revenir juste à vos engagements dans le monde de l'enseignement, vous êtes aussi experte… Attendez que je retrouve… pour la validation des acquis de l'expérience, donc VAE. Est-ce que vous pouvez nous expliquer en quoi ça consiste et à qui finalement s'adresse cette offre ?
[00:27:30] Speaker B: Oui. Alors la VAE, elle est entrée en vigueur en 2014 pour la profession d'assistante médicale. Ça a été un vœu du gouvernement suisse que toutes les personnes en Suisse puissent avoir accès, d'une manière ou d'une autre, à un CFC. Cette validation des acquis d'expérience s'adresse à des personnes qui travailleraient dans un cabinet médical depuis au moins cinq ans, mais qui, pour une raison ou une autre, n'ont peut-être pas eu la chance ou la possibilité de suivre une formation qui serait sanctionnée par un CFC, Et du moment qu'elles ont 5 ans de pratique dans un cabinet médical, elles peuvent s'inscrire à cette procédure de validation d'ISAC.
Donc, elles doivent s'inscrire par le portail d'entrée de leur canton de domicile. Donc, ça, c'est auprès de l'orientation professionnelle. Là, elles vont rencontrer quelqu'un de l'orientation professionnelle. Et ensuite, elles sont redirigées vers le canton du Valais, parce que le canton du Valais a le lead pour la Suisse romande. Comme on n'a pas, je dirais, 50 personnes en banalisation d'acquis par année, on n'a pas jugé nécessaire d'offrir la possibilité de le faire dans tous les cantons. Ça, ça a été une discussion qui a été faite au niveau de la Romandie. Ensuite, elles viennent justement en Valais et là, elles sont reçues par l'orientation professionnelle et elles ont des cours, je crois que c'est cinq cours, parce qu'elles vont devoir faire un dossier.
Alors moi je tire mon chapeau à ces dames parce que je dis toujours que c'est vraiment pas un CFC au rabais, c'est vraiment un travail qui est conséquent. Donc elles vont devoir expliciter sur un dossier, maintenant ça se fait par voie informatique, tout ce qu'elles font au sein du cabinet médical. Donc par exemple, si on prend une prise de sang, elles devront nous expliquer déjà comment elles vont se laver les mains, comment elles vont se désinfecter les mains, après comment elles vont faire la prise de sang, quelle pub elles vont prendre en premier, et chaque fois elles doivent nous donner des exemples. Ensuite, on est deux expertes, Donc une experte 1 et une experte 2. Donc l'experte 1 va lire le dossier et elle va faire son rapport. Et ensuite, c'est l'experte 2 qui va aussi lire le dossier et faire son rapport. Et après, on va recevoir ces candidates et on va les mettre en situation.
Donc, on va faire ce qu'on appelle un entretien d'évaluation. On va les recevoir au centre de formation professionnelle à Sion où se donnent les cours pour assistante médicale. Et par exemple, si dans le dossier, on aurait peut-être un petit doute en se disant, voilà, est-ce qu'elle a bien compris comment est-ce qu'elle devait désinfecter pour un pansement ou un traitement de plaie, on va lui demander qu'elle nous fasse ce geste.
Et ensuite, il y a une commission de validation des acquis, donc on fait notre rapport, les deux expertes. Ce rapport va être envoyé à la chef experte et la commission se réunit et on va délibérer pour savoir si le CFC est acquis ou pas. Il y a des critères quand même qui sont très stricts. Elles doivent réussir quand même un certain pourcentage au niveau des modules qu'elles vont valider.
Et c'est pour ça que je dis que ce n'est vraiment pas un CFC au rabais, et c'est vrai que le travail de ces personnes qui souvent ont une charge de famille, travaillent au cabinet médical, et en plus doivent faire ce dossier, c'est vraiment énorme. Et moi je suis toujours très admirative, parce qu'on a des fois des dossiers qui sont juste magnifiques, avec plein d'exemples, des photos, C'est vraiment très très très beau et ça donne la possibilité justement à des personnes qui travaillent depuis quelques années dans un cabinet médical d'obtenir leur CFC et ainsi après, si elles le souhaitent, elles peuvent faire la radiologie élargie ou alors le brevet fédéral.
[00:31:39] Speaker A: Voilà, ça leur permet après d'avoir des opportunités d'évolution.
[00:31:42] Speaker B: Excellent.
[00:31:43] Speaker A: Tout à fait. Merci beaucoup. Alors maintenant, j'aimerais revenir justement sur ce sujet de la pénurie des assistantes médicales.
Donc, en 2023, vous vous êtes exprimée à plusieurs reprises et dans différents médias à ce sujet. Je fais référence ici notamment à un article qui est paru sur le site internet de la Société vaudoise de médecine, sous le titre « Assistante médicale, cinq métiers en un ». C'est quoi ces cinq métiers, en fait ?
[00:32:16] Speaker B: Alors, moi, je dis toujours qu'une assistante médicale, elle est un peu infirmière.
parce qu'elle fait des soins, elle un petit peu technicienne en radiologie parce qu'elle fait des radiographies, elle un petit peu laborantine parce qu'elle fait du laboratoire, elle un petit peu secrétaire parce qu'elle fait de l'administration, ce qui nous prend de plus en plus de temps, et puis j'aime bien dire aussi qu'on est maman ou on fait un petit peu la ligne de cœur, Parce que c'est vrai, c'est un métier plutôt féminin, et on est la première personne que le patient voit en arrivant et la dernière qui voit en partant. Et je ne sais pas si c'est du fait qu'on est des femmes, mais souvent les patients se confient beaucoup à nous. C'est vrai que des fois, ils nous racontent des choses, puis ils nous disent « mais vous n'allez surtout pas dire au docteur ». Et puis on ne peut pas, parce qu'il y a des fois des choses qui sont tellement importantes que le médecin doit savoir.
Ils savent très bien qu'on va leur redire, mais voilà. Et puis je pense qu'on a peut-être aussi plus de temps quand on leur fait un soin, quand on leur fait une prise de sang. On discute, et puis avec les années. Moi, ça fait 35 ans que je travaille dans le même cabinet, donc souvent j'ai connu les parents, les enfants, les petits-enfants, et puis voilà. Puis on parle de la famille, et puis on échange.
[00:33:34] Speaker A: Donc il y a un vrai rôle social.
[00:33:36] Speaker B: Il y a un vrai rôle social et puis surtout maintenant avec, vous voyez, les difficultés qu'ont des fois les gens sur leur lieu de travail, avec les burn-out ou des choses comme ça, et ils ont de plus en plus besoin de parler. Alors avant, c'est vrai que les gens disaient souvent, les gens vont à coffre A avant. Ce qu'on fait chez le curé, je pense que ça maintenant, ça s'est un petit peu perdu.
[00:34:02] Speaker A: Ça moins court.
[00:34:03] Speaker B: Ils viennent parler chez le médecin.
[00:34:06] Speaker A: D'accord. Et puis, alors, pourquoi ? Est-ce que vous pensez ? Quelles sont, à votre avis, les raisons et les conséquences de la pénurie des assistantes médicales ? Parce que du coup, dites-moi.
[00:34:18] Speaker B: Oui. Alors, d'une part, il y a un manque de place de formation.
Ça, c'est quelque chose d'assez flagrant. On a beaucoup de jeunes qui aimeraient faire cette profession, mais qui ne trouvent pas de place d'apprentissage.
On a les hôpitaux qui ne forment pas, ou peu, et qui souvent nous prennent les assistantes médicales à la fin de la formation, parce qu'elles sont quand même mieux rémunérées dans des cabinets privés, avec des conditions sociales qui sont plus intéressantes. Alors c'est vrai que des fois dans des hôpitaux, je pense que c'est difficile. S'il n'y a pas de cabinet médical, on ne sait pas trop où nous mettre.
parce qu'on n'est ni infirmière, on n'est ni assistante en soins de santé communautaire. Donc voilà, on est un petit peu là au milieu, puis on ne sait pas trop où nous mettre. Après, bien souvent, c'est aussi un tremplin vers une autre profession de la santé.
Donc souvent, des jeunes choisissent le CFC d'assistante médicale. Quand ils ont obtenu leur CFC, ils font une maturité santé sociale.
et après il se dirige vers d'autres professions de la santé, sage-femme, infirmière, technicien radiologie. Je pense que le salaire joue quand même un rôle et des fois les conditions de travail qui ne sont pas toujours super, super, dépendant de quelle structure, c'est vrai que les conditions de travail sont difficiles. Typiquement dans des permanences, le travail se fait des fois jusqu'à 22h, on travaille le samedi, on travaille le dimanche, Je pense qu'au bout d'un moment, les gens s'épuisent un tout petit peu. On avait beaucoup d'espoir qu'avec ce brevet fédéral, on allait garder les assistantes médicales au sein des cabinets médicaux. Malheureusement, pour le moment, on n'a pas de point de facturation.
C'est vrai qu'une assistante médicale qui a fait le brevet de coordinatrice en médecine ambulatoire, et qui aurait fait par exemple un module sur le diabète qui lui permet de prendre en charge des patients diabétiques toujours sous la supervision du médecin. Donc ça veut dire de faire une pré-consultation, d'aller contrôler son carnet de glycémie, de lui donner des conseils alimentaires de base. C'est clair qu'on n'est pas des diététiciennes et on ne va pas prendre le travail diététicienne.
ou d'inciter le patient à bouger un petit peu plus en lui disant, écoutez, au lieu de prendre l'ascenseur, privilégiez les escaliers. Tout ça, c'est du temps. C'est du temps où elle n'est pas occupée à faire autre chose au sein du cabinet médical. Donc, ça veut dire qu'il faut peut-être pallier avec d'autres assistants médicaux qui vont faire ce travail pendant qu'elle s'occupe de ce patient. Et malheureusement, pour l'instant, on ne peut pas le facturer.
Alors, on a espoir qu'avec le Cardoc, C'est ce qu'on nous a dit, il y aura certainement des points pour les assistantes musicales et pour les assistantes musicales quand on fait le premier fédéral de coordinatrice.
Mais c'est vrai qu'il tarde un petit peu à arriver. Donc on verra si avec ça, du moment qu'elle a la possibilité de facturer, ça sera peut-être plus intéressant aussi pour les médecins. Et peut-être que ça va inciter aussi plus de personnes à faire ce brevet fédéral et vraiment à rester au sein de la profession, au sein du cabinet médical.
[00:37:46] Speaker A: Finalement, pour lutter contre cette pénurie, il y a cette histoire de places d'apprentissage, où il faudrait y en avoir plus, notamment dans les structures hospitalières, mais dans cet article, vous mentionnez aussi, par exemple, la possibilité pour deux cabinets de s'associer, c'est-à-dire d'engager à deux une seule apprentie.
ou un apprenti, qui pourrait du coup bénéficier de l'apprentissage d'un côté et de l'autre, donc pas forcément les mêmes connaissances à acquérir de part et d'autre. Donc il y a cette histoire de place d'apprentissage ?
[00:38:21] Speaker B: Oui, alors c'est vrai que c'est une proposition que j'avais faite, et je me disais que ça serait bien de la creuser. C'est par exemple, bah typiquement, un pédiatre ou un gynécologue qui aimerait avoir une apprentie, on sait qu'il ne peut pas couvrir tous les gestes de l'ordonnance de formation. Donc de se dire, voilà, typiquement l'apprenti ou l'apprentie serait deux jours par semaine chez le gynécologue et ou chez le pédiatre, et deux jours par semaine dans un cabinet de médecine générale.
Et puis je pense que ça serait un bon complément, puisque ça serait quelque chose de juste extraordinaire pour la personne en formation.
[00:39:05] Speaker A: Ouais, c'est une situation gagnante de part et d'autre en fait.
[00:39:07] Speaker B: Tout à fait.
[00:39:09] Speaker A: Donc, il y a cette histoire de place d'apprentissage, et puis en parallèle, il y a vraiment, j'ai l'impression, un besoin de réorganisation ou de réorientation de l'organisation dans le cabinet, pour donner la place aux éventuelles personnes titulaires du brevet fédéral. Voilà, valoriser, alors là, en termes de conditions de travail, l'assistante médicale qui est diplômée, qui a peut-être même fait des formations continues, etc., et puis garder, finalement, la secrétaire médicale ou le secrétaire médical à sa place de secrétaire.
il y a une notion un peu d'organisation au sein du cabinet médical, qui permettrait de valoriser ses assistantes médicales, puis de les garder, plutôt qu'elles partent vers d'autres professions.
[00:39:48] Speaker B: Tout à fait, et puis maintenant on va vraiment de plus en plus vers de l'interprofessionnalité, donc il y a de la place pour tout le monde, il y a de la place pour secrétaire médical, il y a de la place pour l'assistante médicale, pour l'infirmière. Voilà, je pense que c'est vraiment quelque chose qu'on doit apprendre. Déjà de connaître les autres professions parce que je pense que ça aussi on se connaît. En fait, on ne se connaît pas bien entre nous, on ne connaît pas bien ce que l'autre fait.
Puis ça souvent s'engendre des peurs. La peur de se dire, mais elle va voler mon travail. Mais en fait, pas du tout. On doit vraiment travailler tout le monde ensemble parce que le patient, il est au centre. Et puis, c'est pour le bien-être du patient. Et ça, c'est vraiment quelque chose qui commence. Mais voilà, ça prend quand même du temps à se mettre en place.
[00:40:35] Speaker A: C'est passionnant et je crois qu'on pourrait parler du sujet pendant encore longtemps. Malheureusement, il faut quand même mettre un terme à cette interview. Peut-être un aspect un peu plus personnel avant de terminer. En faisant mes recherches à votre sujet, j'ai vu que vous êtes également passionnée de lecture.
Vous avez notamment été co-présidente de la rencontre internationale du Livre de Montagne d'Arola, donc encore une autre activité. Que vous apportent la lecture et la montagne ?
[00:41:07] Speaker B: Alors c'est vrai que depuis enfant, j'ai toujours été passionnée de lecture. Dès que j'attrapais un livre, je me mettais dans un coin puis je lisais. Alors ça m'apporte l'évasion.
Je lis un peu de tout, autant des romans que des policiers, des livres d'histoire que des livres de montagne. Après la montagne, c'est venu un petit.
[00:41:32] Speaker A: Peu...
[00:41:34] Speaker B: Par mon mari qui faisait beaucoup de montagne, qui était fils de guide de montagne. Et puis, c'est vrai que ça m'a amenée à cette rencontre internationale du livre de montagne parce que mon beau-papa est décédé en 1981 au retour d'une expédition au Népal. Donc, c'est une expédition qui a un petit peu mal tourné dans le sens où il y a eu deux décès, à plus de 8000 mètres d'altitude. Et lui, il était chef d'expédition et au retour, il est tombé vraiment sur un chemin de vache, vraiment quelque chose de large. On n'a pas très bien compris. On pense qu'il a peut-être fait un arrêt cardiaque. Et puis, quelques années plus tard, ma belle-maman a décidé, en sa mémoire, c'était aussi quelqu'un qui aimait beaucoup, beaucoup lire, de créer cette rencontre internationale du livre de Montagne d'Arola.
Donc on a mis sur pied ce Salon du Livre avec Saint-Pierre-de-Clage et puis l'Hôtel Curaos à Arola. Et puis c'est vrai qu'elle a voulu se retirer, donc j'ai repris cette coprésidence et là on recevait soit des écrivains, soit des montagnards, il y avait des conférences, c'était vraiment quelque chose de magnifique. Puis c'est vrai que de partir marcher dans la nature, moi ça m'apaise, c'est quelque chose que je fais très très régulièrement.
Je pars toute seule et puis voilà, je suis un petit peu complatative comme ça. Je regarde la nature, je regarde les fleurs, j'écoute les oiseaux. En plus, j'ai la chance d'habiter dans un village en Valais où à côté de la maison, j'ai régulièrement des chevreuils qui viennent brouter.
Incroyable ! Donc voilà, c'est vrai qu'on a aussi un petit chalet à la montagne où c'est qu'on a les... Enfin, au mois de mai, on a les chamois qui viennent mettre bas. Donc, on a toute une pouponnière d'à peu près 30 chamois qui arrivent. Et puis après, on a les bébés. Donc, c'est vraiment magnifique. Et puis, c'est vrai que la lecture, c'est vraiment une passion. Puis, dès que j'ai cinq minutes, je prends mon livre ou ma liseuse et puis je m'évade.
[00:43:59] Speaker A: En tout cas, on voit que vous êtes effectivement une personne passionnée, passionnée aux multiples intérêts, donc aussi bien professionnelle que personnelle, comme on le voit. Et je pense que c'est cette passion qui vous donne aussi toute cette énergie à mettre dans toutes ces activités. En tout cas, bravo. Merci beaucoup. Merci beaucoup pour le temps que vous nous avez consacré, pour vos réponses et pour votre bonne humeur. Et puis, c'était aussi très agréable d'entendre ce petit accent valaisan.
Je vous souhaite de rencontrer beaucoup de succès dans tous vos engagements.
[00:44:34] Speaker B: Merci beaucoup, puis c'était un plaisir.
[00:44:36] Speaker A: Tant mieux, plaisir partagé. Chères auditrices, chers auditeurs, si vous êtes en recherche d'emploi dans le secteur médical, pensez à publier votre CV sur le site medpro.ch. C'est rapide et gratuit, et cela vous rend plus visibles et facilite vos démarches auprès des employeurs. Je vous dis à bientôt pour un prochain épisode du podcast MedPro, au cœur des cabinets médicaux.