Episode Transcript
[00:00:11] Speaker A: Bonjour et bienvenue sur les ondes du podcast de MedPro, un podcast qui plonge au cœur des cabinets médicaux. Je suis Céline Dubas et j'aurai le plaisir d'échanger aujourd'hui avec Marie Vaillebel, responsable des ressources humaines au sein du réseau Arsenté, et son collègue David Albarret, infirmier responsable de la clinique de Carrouges à Genève.
C'est justement dans la clinique de Carrouche que nous nous trouvons aujourd'hui pour réaliser cette interview. Merci beaucoup de nous accueillir ici. Alors, avant toute chose, ce que j'aimerais vous demander, alors bon, je vais un petit peu tourner de droite et de gauche pour m'adresser à vous deux. Le réseau Art Santé. Pouvez-vous nous expliquer comment il est structuré ? Je crois savoir qu'il compte une trentaine d'établissements sur le canton de Genève, des cliniques, des centres médicaux, des pharmacies. Comment ça fonctionne un peu tout ça ? Et déjà, la première question que j'avais, c'est quelle est la différence entre un centre médical et une clinique ?
[00:01:10] Speaker B: Alors l'Art Santé, c'est essentiellement une organisation de professionnels de multiples horizons qui travaillent ensemble. Les cabinets médicaux, donc on a 16 structures médicales sur Genève, une qui se trouve sur le canton de Vaud, on a quatre pharmacies et différents partenaires qui rejoignent également le groupe. Les cliniques, c'est des structures avec beaucoup plus de professionnels. On pourra peut-être rentrer plus en détail sur celle qui nous intéresse aujourd'hui, la clinique de Carrouges, mais qui regroupe un service d'urgence, un service d'unité d'accueil temporaire médicalisé, de la pédiatrie, médecine générale, etc. L'idée c'est vraiment de travailler avec différents types de professionnels pour répondre à des demandes de quartier, d'une population, et puis mettre au cœur le patient.
[00:02:13] Speaker A: D'accord, donc finalement la clinique elle va être plus grande que le centre médical et proposer peut-être des prestations en plus comme par exemple un service d'urgence ?
[00:02:21] Speaker B: Tout à fait.
[00:02:22] Speaker A: Vous avez parlé d'un service à la population par quartier. Est-ce que c'est quelque chose d'important dans la philosophie du réseau ?
[00:02:32] Speaker B: Bien sûr que c'est très important. On ne fait pas les mêmes prestations au centre médical de la jonction que dans un centre sur Plainpalais ou sur Carrouge. La population est différente, le besoin est différent. Les médecins qui s'installent ont à cœur aussi de mettre leur valeur et leur vision de la médecine. Donc ça donne vraiment à chaque fois une entité, une âme, une prise en charge qui est aussi propre, tout en gardant la vision globale, mais qui est propre quand même à chaque structure et à chaque quartier.
[00:03:11] Speaker A: Et donc, art santé, c'est donner une mission ou une vision. Quelle est la vision ?
[00:03:20] Speaker B: La mission d'Ars Santé, c'est vraiment de pouvoir inaugurer, de pouvoir trouver des leviers pour être toujours et en constante amélioration de la prise en charge, que ce soit du patient, mais aussi pour pouvoir contrôler et essayer de trouver des solutions pour réduire les coûts de la santé. Donc il est acteur dans la politique et acteur sur le terrain.
[00:03:48] Speaker A: Merci. Sur le site internet, je pense de la clinique de Karou, mais aussi de tout le réseau Arts Santé, j'ai vu que vous êtes aussi en partenariat avec un autre réseau, qui est le réseau Delta. Qui est le réseau Delta, finalement, et quelle est votre relation ?
[00:04:05] Speaker B: Alors, le premier c'est que c'est le même fondateur.
[00:04:09] Speaker A: Donc j'ai envie de dire que le.
[00:04:12] Speaker B: Lien est quand même très proche.
[00:04:14] Speaker A: Comme des frères et sœurs.
[00:04:15] Speaker B: Comme des frères et sœurs. Mais au-delà de ça, c'est pas que ça. Je pense que ce qui est important, je vais probablement me répéter un petit peu, mais ces deux structures ont vraiment une vision qui est commune. Dans l'innovation, et puis comme je l'ai dit tout à l'heure, c'est vraiment aussi dans l'envie d'améliorer les coûts de la santé, et puis d'être toujours dans la mutualisation des compétences pour pouvoir garder une qualité de prise en charge, que ce soit pour la population, pour les patients, et aussi que l'on va parler de ça, et également aussi pour les personnes qui travaillent chez nous et qui intègrent, que ce soit le réseau Delta ou qui intègrent ArtSanté.
[00:05:00] Speaker A: Donc la mutualisation des soins, c'est le fait que le patient arrive par une porte d'entrée X ou Y, mais ensuite il va pouvoir être...
[00:05:08] Speaker B: Tout un parcours, exactement. Il va avoir tout un parcours en fonction de sa situation, en fonction de son besoin.
[00:05:15] Speaker A: Et donc d'avoir ces différentes structures complémentaires, ça permet ça. Donc en fait, le réseau Delta a aussi des centres médicaux... Non, pas du.
[00:05:23] Speaker B: Tout, du tout, du tout. Le réseau Delta, c'est un... C'est un case manager, management, pardon, et puis qui va...
Je ne vais pas dire de bêtises sur le réseau Delta, mais c'est ce qui va permettre d'avoir des coûts de la santé réduits parce qu'il collabore avec les assurances. Donc au-delà de ça, on fait de la prévention par le biais du réseau Delta, on va apporter une plus-value au niveau des assurances et on va vraiment faire le lien entre l'assurance et le prestataire. Donc les médecins ne sont pas forcément des médecins qui sont chez nous dans le groupe Art Santé, mais ça va être des médecins de tout horizon, de toutes cliniques privées, publiques et autres, qui adhèrent au réseau Delta, à sa philosophie et à sa manière de voir les choses, à une charte qui est vraiment pensée, qui est vraiment imaginée. qui est mis en place, et le patient prend la décision ou non d'adhérer au réseau Delta, qui va lui faire une diminution de sa prime, parce qu'il va aussi lui-même rentrer avec certaines obligations en tant que patient, donc d'aller voir son médecin de famille, de premier recours au départ, pour pouvoir après faire un suivi chronique, thérapeutique ou autre. Donc c'est vraiment quand même deux choses qui sont très différentes. Tandis que R-Santé, c'est vraiment une organisation de soins qui développe des structures médicales, qui accompagne et qui va vraiment être fédérateur de ces cabinets. Tandis que Réseau Delta, on sépare vraiment bien les deux structures.
[00:07:02] Speaker A: Excellent. Alors on va revenir un peu plus tard aussi sur tout cet aspect coût de la santé et primes d'assurance maladie. Mais peut-être maintenant on peut parler un peu plus de cet établissement dans lequel nous nous trouvons aujourd'hui, donc la clinique de Ca Rouge. Je ne sais pas du coup si c'est vous, M. Albaret, est-ce que vous pourriez nous présenter un petit peu la clinique ? Quelles sont les prestations que les patientes et patients peuvent trouver ici ?
[00:07:29] Speaker C: La clinique de Carrouges a l'avantage d'avoir une forte identité carrougeoise. Donc l'idée de notre installation, c'est d'être proche de la population carrougeoise pour répondre aux besoins de la population. Et pour y répondre aux besoins, le fondateur, Philippe Chalère, a souhaité qu'on ait du soin intégré. Parce que c'est vraiment ça l'objectif, c'est-à-dire ne pas s'y rendre, par le biais des urgences par exemple, S'il a un besoin d'hospitalisation, on peut y répondre. S'il a un besoin d'un spécialiste, on peut y répondre. Il y en a 40. S'il a un besoin d'un médecin généraliste, on peut y répondre. Il y en a 9. Et cette intégration des soins, ça donne une inertie très courte et une réponse rapide qui répond aussi aux besoins des assurances et de maîtriser les coûts. On a sur 4 étages des spécialistes, ça va du cardiologie, immunologie, proctologie, gynécologie, chirurthopédie, dermatologie, médecine générale, on a un service d'unité. qui fait du stationnaire. Les gens restent de 1 à 14-15 nuits. C'est du soin aigu. On est inscrit sur la liste hospitalière cantonale. On collabore avec l'hôpital cantonal. On a vocation à répondre aux besoins des médecins de famille. On a un centre de soins ambulatoire. Les gens ont besoin d'un traitement. journalier, faire injecte, oncologie, hématologie. On fait ce traitement sur la journée avec la surveillance. L'idée, c'est le besoin y répondre rapidement avec une inertie courte.
[00:09:16] Speaker A: Comme vous l'avez dit, les gens peuvent aussi bien venir ici être hospitalisés, venir en ambulatoire à les retours, mais il y a aussi les cabinets médicaux, donc là ils vont prendre rendez-vous directement, soit ils rentrent par les urgences comme vous disiez, mais ils peuvent après aussi développer une relation sur le long terme avec le spécialiste ou le médecin.
[00:09:35] Speaker C: Vous avez rendez-vous chez votre médecin généraliste, qui est à la clinique de Carrouge. Le médecin décèle un problématique cardiologique. On demande à la doctoresse Laurence, qui est la cardiologue à la clinique, s'il y a de la place. Le fait qu'on soit dans le réseau diminue le temps et on trouve toujours de la place.
[00:09:58] Speaker A: Il y a tous ces spécialistes, les médecins spécialistes, les médecins généralistes, et puis là autour gravitent encore tout un tas d'autres professions, j'imagine ?
[00:10:07] Speaker C: Voilà, on a une pharmacie qui nous fournit, qui répond à nos besoins, on a des physiothérapeutes, des logopédistes, on a un service de pédiatrie, neurologie, ORL également. Donc si vous voulez, c'est vraiment une réponse complète, quasi complète aux soins. Il manque forcément certains spécialistes, mais ils auront certainement envie de nous rejoindre.
[00:10:32] Speaker A: Et chacun de ces spécialistes a probablement aussi une assistante médicale, un assistant médical...
[00:10:39] Speaker C: On a tous ces métiers paramédicaux, donc secrétaire médical, assistante médicale, aide-soignant, infirmière, qui répondent à ces besoins.
[00:10:47] Speaker A: Ça fait une sacrée équipe, parce que vous avez parlé de 40 plus 9 tout à l'heure, et là on arrive à près d'une centaine de corps.
[00:10:54] Speaker C: On est une centaine de collaborateurs sur la clinique. Donc c'est une machine moyenne, mais qui est bien huilée, qui fonctionne assez bien en se complétant.
[00:11:06] Speaker A: Oui, génial. Tout à l'heure vous parliez du fondateur de HeartSanté ou de la clinique de Carouges en particulier ?
[00:11:12] Speaker C: Du fondateur de HeartSanté, qui s'est engagé sur la clinique de Carouges depuis 2020, en la restructurant et en la dynamisant, puisqu'on a fait tout un programme de rénovation qui est encore en cours, et un programme d'installation de nombreux spécialistes et de médecins qui nous rejoignent encore.
[00:11:31] Speaker A: Donc on a une centaine de collaboratrices et collaborateurs ici. Et juste pour avoir une idée au niveau du réseau Arts Santé, on est à combien de...
[00:11:38] Speaker B: On est à peu près à 900 collaborateurs, tout confondu, tout horizon. Joli.
[00:11:46] Speaker A: Donc cette clinique de Carroult, vous l'avez dit, offre un très large spectre de prestations.
Comment vous différenciez par rapport à l'hôpital universitaire qui a quelques encadres d'ici ? Que vont trouver les patients ici qui sont différents de l'hôpital universitaire ?
[00:12:08] Speaker C: Le maître mot de la philosophie de soins d'arts santé, c'est l'intégration des soins. C'est l'enjeu, d'ailleurs, social, politique et sanitaire des prochaines années. C'est-à-dire comment répondre à un besoin sans faire éclater le coût de la santé. Parce que les besoins sont là, la population est vieillissante. Donc l'idée de la clinique de Caronville et du groupe d'arts santé, c'est de réseauter à court terme et à courte distance, pardon, pour ne pas perdre de temps. La grosse différence, c'est qu'on est totalement différents. On a, hormis le fait qu'on fait le même métier, on le fait à des proportions qui sont différentes, avec des objectifs qui sont différents, et on essaye de faire une proximité et surtout de ne pas sectoriser de trop le patient. parce que c'est quand même lui dont on parle, comment répondre à son besoin et on s'adapte à son besoin. Et s'adapter aux besoins, c'est y répondre rapidement sur la globalité. On parlait du réseau Delta, c'est aussi l'intérêt de mettre dans ce réseau tous les acteurs, que ce soit du diététicien jusqu'aux gériatres, en passant par de la physio, en passant par des conseils de vie, des coachings sportifs, de la logothérapie, etc. L'idée c'est ça, c'est comment on va faire que les gens restent chez eux, en bonne santé, qu'ils y aissent bien. Oui, ils viendront me voir, mais ils ne restent pas chez nous. On n'a pas vocation à garder les gens.
[00:13:55] Speaker A: Et est-ce que vos prestations sont prises en charge par les caisses maladies de la même manière que les prestations d'un hôpital public ?
[00:14:02] Speaker C: On est inscrit sur les listes hospitalières et on est soumis aux mêmes règles.
d'un service public alors qu'on est privé. C'est vous dire l'engagement qu'on y met. C'est-à-dire qu'on joue avec les mêmes règles, mais on n'a pas les mêmes subventions. Donc, notre idée, c'est de faire au mieux avec ce qu'on a et de répondre de manière la plus efficiente possible aux soins, parce que c'est le soin qui coûte.
[00:14:30] Speaker A: Si je vous comprends bien, il y a une approche personnalisée du patient, qui aura peut-être moins dans une plus grande structure.
[00:14:40] Speaker C: Oui, les grosses structures ont les défauts de leur qualité, comme on dit. Ils sont gros, donc ils sont extrêmement puissants pour aller dans la recherche et dans d'autres domaines.
Mais ces fameux défauts, c'est qu'ils sont moins réactifs. C'est les grosses machines avec les grosses inerties. Nous, on est grosses machines, mais on est différenciés. Et dans cette grosse machine, on a un grosse machine, on a de nombreux secteurs qui peuvent collaborer. Et donc, peu d'inerties.
[00:15:09] Speaker A: Oui, excellent. Et on sait que les primes d'assurance maladie sont de plus en plus problématiques, deviennent un problème pour la classe moyenne suisse. On a déjà parlé pas mal, mais qu'a gagné la population genevoise ? En venant ici, est-ce qu'elle va avoir certains avantages ? Ou peut-être va-t-elle bénéficier de certaines économies ?
[00:15:36] Speaker C: Alors, l'économie... Il faut voir le soin de manière globale. Je reviens au réseau. Si on vous conseille de l'hygiène de vie, ça va avoir un impact sur plus tard. C'est ça qui va nous maîtriser. Si on raisonne avec plusieurs acteurs du soin, l'infirmier, l'aide-soignante, le médecin, le spécialiste, est-ce que cet examen est nécessaire et a du sens dans la prise en soin, on le fait oui ou on le fait pas. Se poser la question, ça devient économique. Alors c'est pas qu'on veut faire des économies, c'est juste qu'on veut rendre efficient le soin. Est-ce que ça a du sens de faire telle recherche sur telle personne, si déjà elle ne le veut pas, si elle est très âgée qu'elle ne le souhaite pas, si elle est très jeune qu'elle ne le souhaite pas. Bref, il y a des multitudes de cas. L'idée c'est, en tant que patient, vous avez besoin de ça. Quels sont vos besoins ? On écoute les besoins et on y répond.
[00:16:35] Speaker A: D'accord. Et puis j'ai vu que l'Assemblée fédérale a voté récemment une augmentation de la franchise minimale. Elle présente ça justement comme un levier de maîtrise des coûts. Vous en pensez quoi ?
[00:16:50] Speaker B: Je pense que ce n'est pas forcément une bonne solution parce qu'au final c'est responsabiliser le patient et surtout le mettre en difficulté tous les patients qui ont des maladies chroniques qui ne pourront plus se permettre forcément d'être pris en charge correctement. Je pense, à mon sens, il faut plutôt revoir et co-responsabiliser les bonnes personnes, que ce soit les institutions, les prestataires et les assureurs, et de pouvoir mettre le patient, oui, dans cette réflexion, mais le mettre, comme on l'explique jusqu'à maintenant, dans le cœur de cette discussion, et pas que ce soit de sa responsabilité pour sa prise en charge. Et je pense que là, on fait fausse route, parce que pour améliorer, il faudrait déjà avoir une réflexion sur la solidarité qu'on veut faire de ce système de santé, la durabilité, et non pas de simplement faire un bouc émissaire, si on peut appeler le bouc émissaire, peut-être un peu violent, mais voilà, d'être co-responsable.
[00:18:04] Speaker A: Merci pour ces explications, je trouve très intéressant la prise en charge proposée au sein du réseau Arsentee qui va de toute façon justement dans cette optique de maîtrise des coûts. Maintenant j'aimerais bien m'intéresser un peu plus à vos parcours individuels. Madame Weibel, vous êtes au sein du réseau depuis en tant que responsable des ressources humaines. Déjà, racontez-nous ce qui vous a attiré dans le métier des ressources humaines.
[00:18:37] Speaker B: Ce qui m'attirait dans le métier des ressources humaines, c'est le côté humain, la relation avec les autres, de pouvoir les soutenir, de pouvoir entrer en dialogue, en ayant toutes ces règles légales également, et de pouvoir avoir un cadre, de pouvoir apporter un cadre aux personnes avec qui on collabore.
[00:19:02] Speaker A: Et j'ai l'impression que vu que ça fait 12 ans que vous êtes là, vous épanouissez dans cette fonction et aussi au sein du réseau. C'est un employeur qui s'est fidélisé à ses employés.
[00:19:15] Speaker B: En tout cas, qui a su me fidéliser moi, ça c'est sûr. Non, je pense que c'est un employeur qui est attentif au bien-être de ses équipes, qui permet en fait d'avoir un équilibre de vie qui convient. Et puis je m'y plais parce que ça donne du sens aussi de ce qu'on fait. Ce que les professionnels de santé font tous les jours, ça donne aussi un sens et puis des valeurs qui me correspondent.
[00:19:46] Speaker A: Et en quoi consiste votre travail au quotidien ?
[00:19:49] Speaker B: Beaucoup de choses. Beaucoup de choses. Je suis quand même garante au bien-être de chacun et de chacune, donc ce qu'on disait le cadre, donc à veiller à ce que le cadre légal soit là, mais également être à l'écoute du bien-être de chacun, être à l'écoute des responsables, des infirmiers-chefs, des responsables d'équipe, de pouvoir les soutenir, de pouvoir les épauler quand ils ont des doutes ou des questions, que ce soit RH ou d'organisation ou de réorganisation. Je suis aussi...
dans tout ce qui va être gestion d'équipe. Je vais aussi veiller aux compétences et au parcours de vie de chaque collaborateur, dans leur performance. Et j'en passe, je pense que la liste est longue. Je dirais que c'est les principaux axes de travail.
[00:20:49] Speaker A: Merci, on va voir après comment vous collaborez avec M. Albaret, mais maintenant on va peut-être se pencher plus précisément sur votre parcours à vous. Je suis allée voir votre profil LinkedIn et vous avez indiqué que vous êtes infirmier-coordinateur. Je vous avais présenté comme infirmier-responsable tout à l'heure, c'est la même chose ?
[00:21:09] Speaker C: C'est pareil.
[00:21:10] Speaker A: C'est ça. Et en quoi consiste votre travail ici au sein de la clinique de Carrouges et depuis combien de temps occupez-vous ce poste ?
[00:21:20] Speaker C: Je l'occupe depuis 4 ans. Mon travail, c'est de faire en sorte que ça fonctionne, que ça se coordonne. C'est-à-dire que les besoins ne sont jamais au même moment et au même endroit. Et comment, avec l'expérience et ma vision du métier, et mon expérience du soin, je peux faciliter les choses. Puisqu'un coordinateur, avec ma collègue Mme Sage, je suis un facilitateur. L'idée c'est de faire fonctionner pour répondre aux besoins des médecins et des patients. Je résumerais comme ça.
[00:21:55] Speaker A: J'aime bien la notion de facilitateur, même coordinateur finalement, elle est plus parlante que responsable. On se rend plus compte de ce côté un peu mettre en lien.
[00:22:03] Speaker C: On essaie de mettre en musique avec les contraintes et les besoins d'un fonctionnement d'une grosse clinique et d'un établissement au sein d'un autre groupe.
[00:22:13] Speaker A: Tout à l'heure, on a parlé des différentes professions. Il y a aussi un certain nombre d'infirmières et d'infirmiers au sein de la structure. Est-ce que vous coordonnez surtout les infirmiers ? Ou ça va au-delà ?
[00:22:30] Speaker C: La totalité.
[00:22:31] Speaker A: J'ai vu que vous avez effectué de nombreuses spécialisations.
Donc, il y a un cas en pharmacie clinique appliquée, un autre en management de proximité des institutions de santé, des certifications par exemple en hypnose thérapeutique, en infectiologie du sujet âgé, et j'en passe. Félicitations déjà, c'est impressionnant. Est-ce que vous avez la possibilité d'utiliser ces connaissances dans votre emploi, dans votre métier ?
[00:22:56] Speaker C: Oui, parce qu'on a le service dont l'unité d'accueil temporaire médicalisé, c'est un service stationnaire, c'est-à-dire que les gens y restent, comme je disais tout à l'heure, Et il y a souvent des besoins très spécifiques sur la population qu'on reçoit. L'hypnose pour l'accompagnement des douleurs ou la fin de vie. La pharmacologie pour remettre en perspective les prescriptions médicales avec les médecins. L'infectiologie parce que c'est un sujet qui est quasiment récurrent chez la personne âgée par exemple. Donc on collabore puis l'expérience ça sert.
[00:23:30] Speaker A: Qu'est-ce qui vous a attiré vers le métier d'infirmier à la base ?
[00:23:37] Speaker C: Normalement, tout le monde vous dirait « j'ai soigné ma grand-mère ». Mais la vérité, c'est que c'est un métier où il faut être absolument ancré sur nos ressources et qu'il faut être absolument authentique avec les gens. Sinon, on le fait le métier, mais on ne le fait pas forcément de manière juste. Et les patients ont besoin qu'on soit authentique. Parce que quand on a mal, quand on a peur, quand on souffre l'authenticité, c'est ce que je viens chercher dans ce métier. Et puis ça me remplit de satisfaction quand on arrive à pouvoir aider des gens.
[00:24:22] Speaker A: Et vous avez trouvé au sein du réseau Art Santé aussi une structure qui prenait un peu ces mêmes valeurs ?
[00:24:28] Speaker C: L'intérêt du réseau Art Santé, c'est que la perspective du soin qu'il donne à des professions comme la mienne, infirmiers, c'est qu'on n'est pas seulement un prestateur de soins, on amène une réflexion. C'est-à-dire, je donne le médicament, certes, c'est mon travail, sous la responsabilité du médecin, mais est-ce que cliniquement j'observe des choses ? Est-ce que je peux faire plus ? Est-ce que je peux apporter de l'information ? Et l'ADN et la réflexion de Dr Schaller, c'est aller chercher dans nos ressources ce qu'on ne sait pas qu'on sait et le mettre au service du patient. Donc c'est absolument stimulant intellectuellement.
[00:25:12] Speaker A: Et puis il y a une grande interprofessionnalité, c'est ça qu'on dit ?
[00:25:17] Speaker C: Une collaboration. C'est sectorisé, chacun a ses responsabilités, mais on peut discuter. Et puis faire valoir des observations de proximité.
[00:25:30] Speaker A: Excellent. Alors maintenant justement j'aimerais qu'on passe à l'aspect collaboratif entre vous deux. J'imagine que vous collaborez notamment sur le recrutement du personnel de la clinique de Carrouge. Racontez-nous un petit peu comment ça se passe.
[00:25:45] Speaker B: En général, le besoin, quand il se fait sentir, on en discute de savoir quel est le besoin, quelle est l'analyse qui est faite, quelles sont les attentes, quels sont les profils qu'on recherche. Ils sont assez autonomes dans leur recrutement, c'est-à-dire que c'est eux qui rencontrent les profils. Je pense que c'est important que le feeling passe, La personnalité correspond aussi aux attentes de la clinique et du besoin. Et puis par la suite, ça repasse par les RH pour tout ce qui va être des conditions contractuelles, légales et autres. Et en général, ça se passe plutôt bien, positif. Après, chacun a aussi son propre réseau de profils. Et puis on s'échange si on en a, on se partage les candidatures, les dossiers en fonction de ce qui est recherché.
[00:26:43] Speaker A: Donc en fait, vous, quand vous identifiez un besoin, ça passe quand même de toute façon par la case RH avant.
[00:26:48] Speaker B: De... De toute manière, puisqu'il faut quand même le valider budgétairement, il faut quand même que ça soit quelque chose d'analysé, de réfléchi. On reste quand même une entreprise à faire fonctionner, donc forcément, quand on se pose des questions sur chaque budget qui va être mis en place, il faut que ce soit cohérent avec tous les services et avec tout le...
l'ensemble des personnes.
[00:27:17] Speaker A: Et ce que j'entends, c'est que ça se passe dès le premier entretien, vous rencontrez les gens en personne. Parce que je sais qu'aujourd'hui, des fois, selon les entreprises, ça peut aussi se faire en ligne.
[00:27:29] Speaker C: Non, on essaie de rencontrer les gens pour un petit peu sentir, entre guillemets, le film, comme disait Mme Webel. Et puis ensuite, les RH nous laissent une grosse latitude de choix. On est en accord sur la politique et sur l'identité d'Art Santé. Donc on ne va pas aller chercher les profils qui ne correspondent pas. Et Mme Webel nous fait confiance. Je dirais qu'on cherche des gens agiles, avec une forte réciprocité, et une bonne connaissance du métier.
[00:28:12] Speaker A: Qui sont prêts à s'engager aussi.
[00:28:15] Speaker C: On a tous des droits, mais on a aussi des devoirs. Et c'est quelque chose qui doit s'acclimater. On ne peut pas demander trop à des collaborateurs et pas leur en donner. Et à l'inverse, on ne peut pas demander trop à une entreprise. Elle ne peut pas se substituer à tout. Donc, on doit faire face à à une nouvelle approche de l'emploi auquel on s'adapte, je pense. Mais on est obligé de demander de la réciprocité, sinon ça ne fonctionne pas.
[00:28:49] Speaker A: C'est intéressant, c'est vrai qu'on voit du coup le côté, il y a deux parties dans un emploi finalement, il y a l'employeur et l'employé, et pour y trouver son compte, il faut que...
[00:28:59] Speaker C: Il faut qu'il y ait de l'équilibre.
[00:29:00] Speaker A: Et de la justice.
[00:29:01] Speaker C: Il faut que ça soit juste, c'est basique finalement.
[00:29:05] Speaker A: Donc agilité, réciprocité, il y a d'autres valeurs que vous recherchez ?
[00:29:10] Speaker C: Des valeurs humaines, on est dans le soin.
[00:29:12] Speaker B: Ça, c'est la base.
[00:29:16] Speaker C: La base, ça me semble. Une petite dose d'empathie.
[00:29:20] Speaker A: Une petite dose d'empathie.
[00:29:22] Speaker C: Une vraie connaissance du métier et de ce que ça implique. Un infirmier qui ne veut pas travailler le week-end, ça va être compliqué, par exemple. Donc, il faut connaître son métier. Mais en général, les gens qui postulent, pour la plupart, le connaissent.
[00:29:36] Speaker B: Puis avoir cette envie aussi d'intégrer un réseau comme le nôtre et d'avoir envie aussi d'amener sa vision des choses.
Je trouve que c'est toujours aussi important dans le recrutement.
[00:29:51] Speaker A: D'avoir envie de collaborer.
[00:29:53] Speaker B: De collaborer et de comprendre aussi ce qu'on fait ici. On n'est pas un hôpital, comme on l'a dit, on a des objectifs qui sont très différents. C'est de les comprendre ces objectifs et d'avoir envie aussi d'y participer et d'apporter sa pierre à l'édifice, on peut le dire comme ça.
[00:30:08] Speaker A: Oui, parce que si je comprends bien, en fait, chaque employé va vraiment avoir la possibilité de contribuer. Ça ne va pas juste être un pion, quoi.
[00:30:16] Speaker B: Non, non, non. Alors largement pas. Et même, je ne supporte pas le mot pion, parce que pour nous, une personne est une personne avec un prénom, un nom et jamais on ne se permet de très bien. Mais c'est plutôt que la sa motivation, mais ce n'était pas le terme que je voulais utiliser, son engagement, et puis sa parole sera toujours écoutée. S'il pense qu'un soin n'est pas correct ou devrait être fait différemment, ou peut-être qu'il a une autre approche, on en discute. On en discute et puis on peut modifier des choses ou bien apporter des choses différemment. On a aussi beaucoup de collaborateurs qui développent chez nous toute envie personnelle et qu'il le développe chez nous. C'est génial qu'une aide-soignante puisse se développer, faire des massages et ouvrir son cabinet au sein même de la structure.
sa vision des choses et son approche, tout en ayant le respect que l'on doit réciproquement.
[00:31:35] Speaker A: Donc vous offrez un cadre qui permet vraiment à chacun et chacune de se développer sur le plan professionnel.
[00:31:41] Speaker B: Tout à fait, à partir du moment qu'on peut le faire, on le fait, en tout cas on l'écoute et après on mesure les choses et puis on décide si on peut le faire. Après il faut avoir aussi cette conscience que c'est sûr que si le service ouvre à 8h ou à 7h30, il y a quand même certaines obligations. Mais comme disait M. Albaret, à partir du moment qu'on connaît son métier et qu'elles sont aussi les attentes de ce métier, il n'y a pas de souci.
[00:32:09] Speaker A: Du coup, ça me permet de passer à mon dernier sujet qui est un peu cet équilibre vie professionnelle-vie privée. Ce qui m'a inspiré aussi ces questions, c'est que sur votre profil LinkedIn, on vous voit en train de pratiquer l'alpinisme. Est-ce que la montagne occupe une place importante dans votre vie ?
[00:32:29] Speaker C: Le sport en général, ça m'aide à avoir une vie équilibrée, saine, et à canaliser mon énergie.
[00:32:37] Speaker B: Ça ne saute pas.
[00:32:39] Speaker A: C'est difficile de rester assis ?
[00:32:41] Speaker B: Ce n'est pas facile.
[00:32:43] Speaker A: L'avantage du métier d'air firmer, c'est que vous n'êtes pas souvent assis.
[00:32:46] Speaker C: On est rarement, pas que assis.
[00:32:50] Speaker A: Est-ce que c'est important que les collaborateurs d'air santé aient suffisamment de temps à consacrer Je ne dirais pas que c'est.
[00:33:02] Speaker B: De consacrer suffisamment de temps, parce que ça dépend des personnes. Il y a des personnes qui ont besoin d'avoir plus de temps dans leur vie privée ou qui ont besoin d'un aménagement d'horaire parce qu'ils veulent absolument dans la semaine. pouvoir aller récupérer leurs enfants à l'école. Là on va essayer bien évidemment de concilier leurs attentes avec nos besoins à nous et de voir de quelle manière on arrive au mieux à ce que la personne trouve cet équilibre. Parfois on y arrive, parfois on ne peut pas pour de multiples facteurs, de multiples raisons. Après, c'est au choix de chacun, mais on essaye au maximum de trouver cet équilibre. Je trouve que c'est hyper important. Si d'un côté ou de l'autre, c'est un peu comme une balance. Si d'un côté, ça ne fonctionne pas, l'autre, forcément, à un moment donné, ne pourra pas fonctionner non plus. Que ce soit de vie privée ou de vie professionnelle, je pense que c'est un équilibre à avoir qui est ultra important et très fragile aussi.
[00:33:52] Speaker A: Et vous, vous avez aussi un hobby du sport ou je ne sais pas….
[00:33:56] Speaker B: Je ne fais pas d'alpinisme. Désolée. Moi, je dirais que j'ai un équilibre de vie qui me convient aujourd'hui. J'ai plutôt une vie familiale avec des jeunes enfants. Et puis, ma vie professionnelle, j'arrive à trouver mon consensus qui me convient. Et quand je deviens trop désagréable, on m'arrive à m'envoyer courir pour trouver mon espace. Le lendemain. Exactement. Je fais un petit peu de course à pied. Pas suffisamment de vélo, je devrais faire plus, mais voilà, j'essaie de trouver aussi cet équilibre dans le sport. Mais plutôt dans ma vie familiale.
[00:34:35] Speaker A: Oui, c'est aussi du sport.
[00:34:37] Speaker B: C'est aussi plus que du sport. C'est du sport, mais cérébral, c'est différent.
[00:34:42] Speaker A: Super. Merci beaucoup. C'est un peu sur cette note personnelle, un peu plus personnelle disons, qu'on va clore l'interview. Je vous remercie une fois de plus de nous avoir accueillis ici, d'avoir pris le temps de répondre à nos questions.
[00:34:56] Speaker B: Merci.
[00:34:57] Speaker A: Et puis je vous souhaite une très bonne continuation.
[00:35:00] Speaker C: Vous aussi.
[00:35:01] Speaker B: Merci.
[00:35:03] Speaker A: À vous qui nous écoutez en podcast ou qui nous regardez sur YouTube, merci d'avoir suivi cette interview jusqu'au bout.
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